Marsh Mallow d’Umbar, chapitre 2

Bon, comme j’ai un problème avec les images, je poste la suite des aventures de Marsh Mallow d’Umbar !

 Chapitre 2 : Bataille à Bâbord !

Première partie :Le maire sortit discrètement de sa forteresse, accompagné par un homme basané aux habits colorés. Ils étaient entourés de six gardes, la protection du maire ayant été renforcée depuis les événements de la veille. Cependant, celui-ci souriait. Il allait pouvoir se venger de celui qui l’avait humilié publiquement, ce fourbe, ce félon de capitaine, ce Marsh Mallow…

***
« Capitaine ! Des visiteurs ! »
La tente s’ouvrit, dévoilant un homme étrange, aux allures de commandant. Marsh Mallow, car c’était lui, sortit, suivit de près par Flac, son singe.
- Et combien sont-ils, mon brave ?
- Environ une vingtaine, cap’ !
- « Environ » ! Je ne veux pas d’ « environ », je veux un nombre exact !
- C’est que…je suis borgne et…ma ve n’est plus ce…
- Ca va, ça va… Mais qui m’a fichu un borgne comme guetteur ?
- Cap’, les visiteurs sont là !
- Capitaine, pas Cap’ ! A quoi ressemblent-ils ?
- Mais à un pachyderme, mon petit soldat !
Marsh se retourna brusquement. Devant lui se tenait fièrement le maire, engoncé dans un habit vert et argent, contrastant avec celui de son compagnon, rouge et or.
- Vous voyez, grâce à moi, vous n’avez déjà plus de complexes au sujet de votre embonpoint !
- Très amusant. Mais je ne suis pas là pour entendre un pion me faire la morale, nous devons parler affaires. Laissez-nous seuls.
Les gardes firent un bref salut militaire et se retirèrent.
- Allons dans votre…euh…votre maison…huh…huh…
Marsh lui lança un regard noir, mais écarta tout de même la tenture qui servait de porte. Le maire et son compagnon s’installèrent sur les rondins de bois entassés sous la tente, alors que le pirate demandait, de son ton le plus hypocrite :
- Du thé, votre grosseur…euh…grandeur ?
- Non.
Marsh se servit et s’assit confortablement sur sa cape roulée en boule.
- Et donc, que puis-je pour vous ?
- Voyez-vous, après les incidents de la nuit dernière, la personne ici présente est venue me trouver pour une affaire importante, puisqu’elle concerne l’économie de la cité.
- Jé souis malchand et l’un de mes malins m’a lappolté qué plusieuls dé més naviles ont été volés, des tlès beaux naviles …
- Et nous aurions aimé que vous éliminiez les voleurs.
- Très bien. Qui sont-ils ?
- Ce sont les hommes de Casablancar, une ville voisine que nous devrions raser, si vous voulez mon avis. Ils sont environ soixante et sont à bord de trois navires comportant plusieurs balistes. Heureusement pour vous, ils sont assez inexpérimentés, d’après l’espion.
- Et de combien d’hommes est-ce que je dispose ?
- De vos hommes et des quinze recrues de la taverne d’hier.
Marsh se leva d’un bond, renversant son thé au passage.
- Mais ce serait du suicide !
- Ah, j’oubliais, vous serez à bord d’un vaisseau de guerre armé de dix balistes.
- Trop aimable !
- Vous partez dans une heure. Et c’est un ordre !
Deuxième partie :« Moussaillons, à vos postes ! »
Marsh Mallow trépignait sur le pont du vaisseau. Les navires ennemis étaient visibles au loin, mais arrivaient de plusieurs côtés à la fois, permettant au pirate de les attaquer l’un après l’autre.
- Les balistes à la proue !
- A vos ordres capitaine !
- Les grappins sont prêts ?
- Oui, capitaine !
- Qui est à la vigie ?
- Personne, capitaine !
- Quoi ? Personne à la vigie ? Vous voulez me tuer ?
- Non capitaine !
Le forban prit la liste où étaient écrits les noms de ses hommes.
- Le premier de la liste à la vigie ! Hum… Aboubou ! Qui est Aboubou ?
- C’est moi capitaine !
- Bien, tu vas à la vigiargh ! Encore toi !
C’était le borgne.
- Non, finalement, je prends le dernier de la liste ! Il serait capable de confondre notre bicoque avec celle de l’ennemi, ce troll… Bon, Zhurc ! Qui est Zhurc ?
- Moi !
Le géant ayant survécu à l’attaque de la forteresse du maire se leva.
- Non, toi, tu viendras avec moi.
Après ces préparatifs mouvementés, les hommes furent enfin chacun à son poste. Le premier vaisseau ennemi n’était plus qu’à une centaine de mètres, et Marsh se lança dans un discours chargé de lourds présages quant à l’issue du combat.
- Mes amis, je ne vous dirai qu’une chose : PAS DE QUARTIER !
- Ayah !
- Ayah !
- En avant les balistes ! A mon commandement, feu !
L’ordre résonna à travers la baie, tandis que dix projectiles fonçaient sur le navire adverse. La puissance des armes était telle que cinq des voleurs furent embrochés, et trois grièvement blessés, alors même que plusieurs des lances se plantaient dans la coque. De leur côté, les brigands ne réussirent qu’à transpercer l’un des malheureux membres de l’équipage, resté trop près du bastingage. Marsh leva le bras une nouvelle fois, mais son ordre se perdit dans le rugissement unanime de ses hommes, les nouveaux projectiles faisant encore plusieurs morts du côté adverse. Les bateaux n’étaient plus qu’à quelques mètres l’un de l’autre, et Zhurc se mit à la barre, plaçant les deux bâtiments côte à côte. Les grappins furent lancés, et le cri unanime « A l’abordage ! » retentit à travers l’espace. Les voleurs furent surpris, attaqués par un si grand nombre d’ennemis. Marsh volait d’ennemi en ennemi, feintant, parant, transperçant, coupant… Finalement, tous les membres de l’équipage adverse furent tués, et les corsaires n’eurent à déplorer qu’une seule perte supplémentaire, le malheureux étant tombé dans l’eau au moment de l’abordage, et ayant été achevé par un tir d’arbalète.
- Capitaine, le deuxième vaisseau est presque sur nous, que fait-on ?
- Dirigez les balistes dessus, et défendez-vous autant que possible, nous devrions encore être les plus nombreux. Moi, je m’occupe du dernier navire. Toi, Zhurc, tu viens avec moi !
- Je préfère combattre !
- Non, il est possible que nous ne soyons plus assez nombreux après l’attaque du deuxième bâtiment. Nous devons employer la ruse. Mettez le Black Merle à la mer !
- A vos ordres, capitaine !
- Flac, ici ! Nous aurons besoin de tes talents également ! Toi, Aboubou, je te nomme capitaine jusqu’à ce que nous soyons revenus. Tâche de ne pas faillir ! Zhurc, Flac, à la barque ! Et rappelez-vous tous, pas de quartier !
Les deux hommes et le singe descendirent dans le canot, qui croula légèrement sous le poids du géant. Ils se mirent à pagayer en direction du troisième bateau, très lentement pour ne pas éveiller les soupçons.

***
Aboubou lança ses ordres. L’ennemi n’était plus très loin, et il devait faire vite. L’effet de surprise dont ils avaient bénéficié lors de la première attaque n’avait plus lieu d’être, il fallait donc profiter de leur avantage numérique encore un bref instant. Les balistes furent placées à tribord, afin d’arriver plus rapidement à l’abordage.
- A mon commandement, feu !
Les projectiles furent accueillis des deux côtés par des hurlements de douleurs. L’homme à la droite d’Aboubou fut tué sur le coup, transpercé par la lance. Le sang gicla jusqu’au visage du capitaine, qui tira son épée et hurla aux arbalétriers de tirer. Les carreaux décimèrent les rangs ennemis qui se préparaient à l’abordage. Au total, une dizaine de voleurs furent tués par les seules armes à distance. L’abordage pouvait commencer.

***
- Zhurc, arrête de ramer !
- Pourquoi capitaine ?
- Nous allons maintenant renverser la barque et nager dessous. Nous sommes assez près de l’ennemi.
- Très bien.
Zhurc se pencha soudain de tout son long sur le côté droit, renversant la barque et ses occupants. Le singe voulut hurler, mais le géant le prit par le cou et se glissa sous la barque. Le capitaine n’y était pas. Zhurc inspira un grand coup et partit à la recherche de Marsh, en tenant toujours fermement le singe. Il le vit en train de nager vers la barque, et retourna par conséquent sous celle-ci. La tête du capitaine émergea peu après, sifflant et crachant.
- La prochaine fois, préviens moi !
- Zhurc exécute les ordres sur le champ.
- Oui, mais bon… Oh ! Viens là mon petit Flac, tu as eu peur ? C’est pas grave, maman est là maintenant.
Zhurc leva les yeux au ciel.
- Maintenant, écoute-moi bien. Tu vas te hisser sur la barque et faire le guet pour nous, d’accord ? Si quelqu’un te regarde, je te donne mon arbalète et tu sais ce que tu dois faire, hum ?
Le singe fit un signe de la tête.
- Très bien, alors, en avant !
Il sortit de la barque et aida le singe à s’agripper, la coque étant humide. Puis il retourna sous la barque.
- Capitaine, qu’allons nous faire maintenant ?
- Nous allons couler le dernier navire.
- Très bien.
- J’adore ton côté contestateur !
- Je sais.
- Bon, je crois que nous y sommes, je vois une forme sombre devant. Je te laisse travailler avec ça. Je l’ai trouvée dans le bateau ennemi.
Il lui tendit une scie. Le géant, sans un bruit, la prit et sortit du canot. Marsh le suivit. Le singe était toujours au sommet, l’arbalète à la main. Zhurc replongea, et se laissa glisser sous le navire ennemi. Il commença à scier, mais l’instrument glissait sur la paroi. Le géant remonta à la surface, faisant des signes à son capitaine. Le regard de celui-ci se posa sur l’énorme hache que Zhurc portait à la ceinture.
- Ce sera moins discret, mais essaie avec ça !
Zhurc sourit. Il saisit son arme et replongea. Des bruits sourds se firent entendre. Le singe grogna, indiquant à son maître la présence d’étrangers. Celui-ci prit l’arbalète et fit grimper le singe sur le navire. L’animal tira une petite dague de sa ceinture. Une forme humaine apparut au-dessus du bastingage.
- Et, les gars, j’ai l’impression qu’on a heurté un récif ou une grosse bestiole. Il y a duuurgh… !
La phrase mourut au moment où la dague se plantait dans sa jugulaire.
- Qu’est-ce tu dis ? Il y a un obstacccuh… !
Le carreau l’avait propulsé en arrière.
La tête de Zhurc réapparut.
- Encore quelques coups et la coque se brise, capitaine !
- Dépêche-toi, je ne les retiendrai plus longtemps !
Le géant replongea, et les coups sourds se firent à nouveau entendre.
- Aleeeeerte ! Nous sommes attaqués !
Le cri retentit au-dessus de Marsh. Des bruits de course, des cliquetis d’armes, et une nouvelle tête apparut, mais tomba, tranchée par le singe. L’eau se mit à rougir. Marsh reprit son arbalète et visa un autre voleur. Une trainée rougeâtre gicla. Mais les brigands étaient de plus en plus nombreux. Marsh vit un archer parmi eux, qui le visait. Il tira, mais le rata de quelques centimètres. Un grand bruit se fit entendre, et le vaisseau se pencha brutalement. Au moment où la tête de Zhurc réapparut, la flèche fendit les airs. Une douleur atroce, puis, plus rien.

***
Les cadavres jonchaient le sol. Les corsaires avaient été victorieux, mais les pertes furent plus importantes. Au total, trois hommes étaient morts lors de l’assaut, malgré leur surnombre. Mais le dernier vaisseau approchait. Où donc étaient le capitaine et le géant ? Cette question hantait les pensées d’Aboubou. Les balistes furent rechargées sous ses ordres, dirigées vers l’ennemi, mais une agitation anormale semblait avoir pris place à bord de leur bâtiment. Au moment où l’ordre de faire pleuvoir la mort sortit de ses lèvres, le navire des voleurs s’ébranla, et se mit à couler lentement. Les voleurs hurlaient, et Aboubou put apercevoir deux formes qui se dirigeaient vers une embarcation renversée. La haute stature de l’une de ces formes lui permit de reconnaître Zhurc, mais celui-ci avait l’air de soutenir la deuxième, qui devait être le capitaine. Aboubou donna l’ordre de les intercepter et de les ramener à bord. Au bout de quelques minutes, Zhurc apparut, supportant Marsh qui gisait évanoui, une flèche dans l’épaule. Le singe les suivait, toujours armé de sa dague et portant la tête tranchée comme un trophée.
- Il est … mort ?
- Non, il est juste blessé.
- Alors, il sera heureux d’apprendre la nouvelle.
- Laquelle ?
- Nous avons gagné !
 Voilà ! La suite bientôt, si le problème n’est pas réglé…

Grob’ ;)

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Auteur: Grobelin

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