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Archives pour 4 octobre, 2009

Marsh Mallow d’Umbar, chapitre 4

Partie 1 :

- Khazadrine…Et ça veut dire ?
- Hurlement du nain !
- Ah, bon, et bien, je t’engage, mais je refuse que tu me réveilles le matin en hurlant, compris ?
- Mouais…
- Compagnons ! Plusieurs de nos camarades ont été faits prisonniers ! Allons-nous les laisser à la merci du phacochère de Casablancar ?
- Ooouuiii !
- Hein ? Mais non, on va les libérer bande de crétins !
- Pourquoi faire, on est bien là, libres…
- Pourquoi ? Pourquoi ? Mais parce que ce sont vos compagnons, vos amis, peut-être même votre famille…
Le nain se leva.
- Laisse-moi faire. Je sais comment m’y prendre !
Il sortit ses griffes et hurla :
«Vousallezcherchervoscompagnonsparcequelepremierquin’yvapasseprendra
cessixgriffesentrelesdeuxyeuxquejemeferaiunplaisirdejeterauxrequinsaprèslesavoirarrachésencoregélatineux
enplusilyaurauntrésoràlafindecettemissiondoncvousavezintérêtd’obéiràvotrecapitaineetdemettrevotrebâtimentencharge
parcequesinonsinonçavabarder ! Compris ? »
Un silence de mort s’abattit sur le vaisseau.
- Moi j’ai rien compris, mais à vos ordres !
- Pas taper, hein ? A vos ordres !
Le nain se retourna, adressant un regard bourru à Marsh, puis se rassit. Le capitaine retrouva ses moyens.
- Hum, hum ! Il faut maintenant organiser un plan de sauvetage pour nos amis. Auriez-vous des propositions ?
- On pourrait tout casser !
- Moi, je propose qu’on enlève le maire et qu’on le torture jusqu’à ce qu’il parle !
- On peut aussi aller chez lui et violer sa femme et ses servantes !
- Ah, oui, bonne idée ça !
- Sinon on peut violer son chien !
- Oh, mais ferme la, toi !
- SILENCE !
Le capitaine pointa du doigt l’un de ses hommes.
- Toi ! Redis-nous ton idée !
- Je…c’est que je…on pourrait violer sa…sa femme ?
- Non, on ne va pas la violer, mais la capturer ! Nous disposerons ainsi d’un moyen de pression énorme sur le gros plein de soupe !
- Ah oui, c’est très intelligent !
- Je sais, c’est d’ailleurs pour ça que je suis capitaine ! Bon, quelqu’un sait où vit la femme du maire ?
- Moi !
- Ben eh, comment que tu sais ça toi ?
- Euh, vous voyez, j’étais jardinier à une époque et…les servantes…euh…
- On se moque de ta vie privée ! Viens par ici, pour nous aider à trouver un bon plan… Les autres, à vos postes, éloignez-nous de la côte !
Et c’est ainsi qu’une longue discussion commença. Y prenaient part Marsh, Khazadrine, Aboubou et l’ancien jardinier, Bertrand. Au bout d’une heure environ de croquis, de paroles échangées à voie basse et de bouteilles de rhum, les quatre protagonistes se levèrent.
- Matelots, en avant, nous avons un cap !
- Au fait, il faudrait trouver un nom pour le plan, non ?
- Bah pourquoi ?
- C’est plus classe ! Nous les nains, nous donnons toujours un nom aux plans, pour ne pas les confondre. En général, on prend l’initiale de la personne concernée, et ça donne le plan « A », ou « B », ou…
- C’est une idée ! Alors, comment s’appelle la femme du maire ?
- Il me semble qu’elle répond au doux nom de Qunigondyn.
- Ben, c’est parfait ! Ca fait le plan…
- …Q.
Un garçonnet avec des petites ailes, une auréole et un air niais passa entre eux.
- Mouais. Je crois qu’on va abandonner l’idée du nom, hum ?
Les autres acquiescèrent. Le capitaine harangua ses hommes, allant de l’un à l’autre, se dirigeant vers la proue.
- Compagnons, allons libérer les prisonniers, et faisons payer le cachalot boursoufflé pour cet affront ! Vous êtes avec moi ?
- Ayah !
- Alors, en avant !
Le navire fila à vive allure, se dirigeant vers le soleil levant et la cité de Carcasar.

***
- Cornes de bouc, garçons !
- Je c’ois que nous nous ‘ommes pe’dus cap’taine !
- Pas croyable ? Tu rigoles, j’espère ?
- Veni, vidi, vici !
- Et l’autre latiniste insupportable ! Bon, il faut que nous songions à nous reconvertir. Je propose un auberge-taverne en bordure de mer, ou alors…
- Ale’te ! Les coco…les coco…
- Eh bien ? Les « coco » quoi ?
- Les coco…
- Les colocataires ? Les communistes ? Les colombophiles ? Les comètes ? Les…
- Les co’sai’es !
- Quoi ? Les corsaiiiiiiarghsplatch !!!!
Le radeau se brisa, entraînant ses occupants vers le fond. Seuls dépassèrent trois têtes, rousse, ridée et noire.
- Cornes de bouc, on s’est fait démolir !
- Alea jacta est !
- C’étaient des co’sai’es avec une chance de cocu, et nous on est leu’s cobayes !
- La ferme, vous deux !
Partie 2 :

***
- Capitaine ! On a heurté un caillou !
- Mais non, c’était juste une petite baleine !
- Ah, alors c’est pas grave ?
- Non, non, tout va bien…pff !
La terre était proche, les hautes tours de Carcasar étant visibles de loin. Le navire longeait les côtes du Sud, se rapprochant de la cité félonne. Marsh rassembla ses hommes, se préparant à attaquer le palais de Rubis, où vivait la dame Qunigondyn. Le plan paraissait correct, les corsaires décidés, et les ennemis ne devaient pas être très nombreux. Il manquait toutefois un élément pour perturber les éventuels gardes à l’entrée. Le regard du capitaine se posa soudain sur la jeune femme que le nain avait ramené, et qui était encore inconsciente, cachée près de la proue. Une idée germa dans son esprit. En effet, bien qu’elle l’ait trahi en l’immobilisant sur le lit, ses yeux reflétaient de la peur et une volonté contraire à ses actes. Marsh songea donc qu’elle avait dû être forcée, sous une menace quelconque. Il alla chercher un seau d’eau et la réveilla doucement. Elle ouvrit les yeux, vit le corsaire et poussa un cri. Plusieurs hommes se retournèrent, mais il leur fit signe de continuer leur travail. Il lui souffla :
- Comment vas-tu ma jolie ?
- Je…je suis…
- Désolée de m’avoir trahie, je sais, mais je suppose que tu avais une raison pour…
- Ils m’y ont obligée ! Ils ont enlevé ma sœur et m’ont…
- Qui ça « ils » ?
- Les gardes de la ville, et un homme gras qui était arrivé la veille en ville, avec son escorte.
- Encore lui ! Bon, je suppose que tu aimerais te venger de ce pachyderme ?
- Oui, je ferais tout ce…
- Eh bien c’est parfait ! Ecoutes bien maintenant…
Il lui chuchota plusieurs mots à l’oreille, elle acquiesça, puis ils se séparèrent, près à amarrer.
Le bâtiment s’arrêta juste avant d’atteindre un énorme édifice, sculpté dans le marbre, parsemé de draps bleus, et gardé par deux sentinelles à l’entrée. Cependant, des lances pointées vers le ciel se dévoilaient en haut de la bâtisse, révélant la présence d’autres gardes. Les corsaires laissèrent descendre la jeune femme, se prénommant Stormwen, et se préparèrent à l’assaut. La jeune femme s’approcha des deux gardes à la porte.
- Il fait frais ce matin, non ?
- Ah, pour sûr, je suis bien content d’avoir pris ma petite laine !
- Mais, vous allez attraper froid, ma petite, dans cette tenue…
- C’est vrai, et lorsque je vous ai vu, bien musclés et aux physiques ravageurs, mais grelottants de froid, je me suis dit : pourquoi ne pas nous réchauffer ensemble ?
- Euh, écoutez mademoiselle, nous ne voudrions pas avoir d’ennuis…
- Oh, comment deux soldats si puissants que vous pourraient-ils avoir des ennuis ?
- Ce serait avec joie mais…
- Bon, dommage, ce sera à cause de vous si je m’enrhume…
Stormwen se détourna en roulant des hanches, faisant saliver les deux pervers.
- Attendez ! On pourrait peut-être… bon…
- Venez par là, c’est sombre…
Les deux hommes se précipitèrent vers la jeune femme, mais deux carreaux d’arbalètes les stoppèrent net dans leur élan, et ce fut la mort qui les rattrapa. Les corsaires sortirent de l’ombre, les armes à la main. Deux d’entre eux échangèrent leurs habits contre ceux des gardes, et s’élancèrent vers la porte. Ils ouvrirent à l’aide du trousseau de clefs trouvé sur l’un des vigiles, puis regardèrent si la voie était libre. Au signe convenu, les autres les rattrapèrent, les arbalétriers devant, aux armes chargées. La petite troupe entra dans le corridor, tentant de faire le moins de bruit possible. La pièce donnait sur une cour intérieure, parsemée de colonnes ornées de multiples draps bleus. Une petite fontaine se tenait au centre, autour de laquelle étaient allongées paresseusement plusieurs jeunes femmes à demi-nues.
« Que c’est beau !», fit Marsh en regardant les divines créatures.
« Que c’est beau ! », fit Khazadrine en admirant les multiples saphirs qui brillaient, accrochés aux draps.
Tous les hommes étaient comme immobilisés par ce spectacle de rêve. Stormwen les secoua :
- Capitaine, nous sommes ici pour capturer la femme du maire !
Aucune réponse. Elle avança d’un air décidé vers la fontaine sur laquelle était posé un seau. L’une des filles cria, mais fut repoussée violemment. Marsh regardait toujours lorsque le seau se vida sur lui. Il s’arracha à sa contemplation en suffoquant.
- Mer…keuf…merc…keuf keuf…merci !
La jeune femme lui souri, lui désignant l’autre côté de la fontaine. Il acquiesça, se préparant à donner un ordre à ses hommes, mais un cri le stoppa. La fille de la fontaine avait attiré les autres gardes, et ils arrivaient en masse du côté droit et gauche. D’autres refermèrent la porte du fond, et se postèrent à l’entrée.
- Mes amis, nous allons devoir défendre chèrement notre peau !
- Attendez ! Je me souviens que cette forteresse était également un lieu d’expérimentations, dans les sous-sols ! Il y aura peut-être des prisonniers qui voudront nous aider !
- Excellente idée ! Vous, les deux faux-gardes, vous l’accompagnez, ainsi que Stormwen !
- Très bien, capitaine !
Les trois hommes et Stormwen prirent un escalier qui descendait dans les profondeurs obscures.
« Quant à nous, c’est parti pour la BASTON ! », beugla Khazadrine en sortant ses griffes. Il bondit sur deux gardes à gauche, lacérant le visage de l’un et transperçant la cage thoracique de l’autre. Marsh sortit son arbalète, et montrant les gardes de droite, il hurla :
« Arbalètes ! Feu ! »
Son projectile atteignit un soldat à la clavicule, tandis qu’une dizaine d’autres transperçaient de part en part les guerriers apeurés. Khazadrine menait l’assaut sur la gauche, accompagné de quelques hommes et d’Aboubou lançant leurs couteaux, tandis que le corsaire affaiblissait les rangs ennemis avec ses arbalétriers. Malheureusement, ils ne purent lancer que deux vague mortelle avant d’être obligés à combattre. Cependant, les carreaux avaient fait une dizaine de morts. Les autres battirent en retraite, effrayés par ces meneurs terrifiants. Le nain avait ainsi tué trois hommes, et ses compagnons en avaient occis trois également. Les troupes s’étant dissipées, les corsaires étaient seuls. Un silence pesant se fit alors. Alors que ses hommes marchaient vers le centre, Marsh leur souffla : « N’avancez plus ! C’est trop calme… ils nous tendent un piège.»
De l’autre côté de la fontaine, trois gardes gardaient toujours la porte, mais les autres étaient invisibles. Soudain, Aboubou prit une arbalète, visa et tira. Au moment même où le carreau se plantait dans le nez d’un des gardes du fond, une trentaine de projectiles coupa la cour de part en part. Les corsaires se jetèrent en arrière, mais l’un d’entre eux fut touché au bras.
- J’avais ordonné de ne pas y aller !
- Je n’y suis pas allé, j’ai simplement voulu savoir quel serait le piège de nos ennemis. Maintenant, nous savons qu’ils ont eux aussi des arbalètes !
- La prochaine fois, parles-en avant ! Mais reprenons ton idée et abattons déjà les deux de la porte.
Ses ordres furent exécutés, et les gardes transpercés de cinq carreaux chacun. Les corsaires, sur un geste de Marsh, se mirent alors à plat ventre. La tactique était simple : la cour étant entourée d’un véritable labyrinthe de haies, hautes d’environ un mètre, qui formeraient un obstacle et un couvert suffisant pour se protéger des tirs. Ils avancèrent donc jusqu’au chemin transversal principal. Là était la principale difficulté. En effet, le chemin était large d’environ deux mètres, il leur faudrait donc courir accroupis pour ne pas se faire transpercer, mais ils ne pourraient y aller tous en même temps. La première vague fonça à toute allure, et les carreaux ne touchèrent qu’un seul homme à la jambe. Le sang gicla et celui-ci hurla, mais un second carreau se plantant dans sa gorge le fit taire. La tâche serait plus difficile pour les suivants, du fait de cet obstacle incongru. Khazadrine parla alors à Aboubou, les deux hommes étant dans la seconde vague. Celui-ci acquiesça, et fit signe à ses hommes de se préparer. Le nain bondit alors en l’air, tous les projectiles fonçant sur lui. Il en arrêta plusieurs par un savant mouvement de griffes, mais cinq d’entre elles le touchèrent, l’une à l’épaule, deux aux côtes, et les deux dernières à la cuisse et au pied. Il s’effondra, mais les autres étaient passés. Marsh se retourna et vit le nain arracher les projectiles à la main. Le sang coulait abondamment, mais le petit barbu sortit une fiole de sa bourse et en étala le contenu sur ses blessures. La cicatrisation se fit à une vitesse incroyable, si bien que le nain put se relever et continuer. Les corsaires se frayèrent un chemin jusqu’à la porte, fermée. Marsh demanda au nain de crocheter la serrure à l’aide d’une de ses griffes, et la porte s’ouvrit avec un déclic. Dans la cour, les soldats commençaient à accourir pour protéger leur maitresse. La porte se referma sur eux.
Partie 3 :

***
L’escalier était sombre, et des voix pouvaient se faire entendre à l’étage inférieur. Stormwen, accompagnée de ses compagnons déguisés et de leur guide, avançait prudemment, de peur de trébucher et d’alerter les gardes. Des bruits de luttes étaient audibles à travers le plafond.
- Tiens, on dirait qu’il y a un combat là-haut !
- Ouais, on ferait bien d’y aller !
- Turkgf, tu gardes les prisonniers !
- Tant que j’ai ma chopine, tout c’que vous voulez !
Le soldat éructa bruyamment en riant. Des cliquetis, des froissements, et deux gardes commencèrent à monter. La jeune femme fit signe à ses hommes de rester dans l’ombre, tandis qu’elle-même s’avançait, sa tunique dévoilant légèrement ses charmes. Lorsqu’ils la virent s’approcher, les gardes poussèrent un juron de contentement, et l’amenèrent brutalement dans la salle.
- Eh ! Regardes ce qui vient de tomber du ciel !
- Lâchez-moi, brutes !
- Une petite pucelle rien que pour nous trargh !
La lame du poignard se planta dans sa narine gauche. Le sang éclaboussa la jeune fille, tandis que des trainées rougeâtres coulaient sur le visage du vigile. Les deux autres saisirent leurs armes, pointant leurs hallebardes vers la meurtrière. Celle-ci recula jusqu’au fond, faisant face aux gardes qui tournaient le dos à l’escalier. Alors même que ceux-ci s’avançaient d’un air menaçant, deux pointes d’hallebardes les transpercèrent, leur trouant la cage thoracique et leur perforant les poumons. Leurs organes dégoulinant sur le sol, ils s’effondrèrent sans avoir eu un aperçu du visage de leurs assassins. Stormwen essuya son arme, la rentra dans son corsage, et entreprit de chercher une clef ouvrant la cellule des prisonniers. Elle trouva un trousseau sur la table, et essaya toutes les clefs sur la serrure. Le déclic distinctif de l’ouverture de la porte se fit entendre, et la jeune femme ouvrit. Ce qu’elle vit lui remonta l’estomac. Une vingtaine d’hommes étaient enchaînés dans la cellule, certains dans un état de décomposition tel que les mouches venaient tourbillonner autour, et leur dévorer la peau en certains endroits. Seule une dizaine d’entre eux paraissaient en état de vivre, même si plusieurs avaient des cicatrices gigantesques sur leurs poitrines et leurs visages. Stormwen s’approcha du premier homme sur sa droite, à qui il manquait une oreille et deux doigts.
- Qui êtes-vous ?
- Nous…nous sommes…des…des ravageurs.
La jeune femme eut un mouvement de recul. Les ravageurs corsaires étaient réputés pour leur violence et leur goût du sang, mais également pour leur habileté au combat. Certains pensaient qu’ils avaient du sang de berserk dans les veines, pour expliquer leur faculté de cicatrisation. Cependant, avoir une armée de ces monstres pouvait faire la différence entre une victoire et une défaite. Elle se décida donc à parler à l’homme :
- Pourquoi vous a-t-on abimé comme ceci, toi et les tiens ?
- Ils voulaient tenter des expériences, et comme nous sommes plus résistants que beaucoup, ils nous ont capturés.
- C’est horrible !
- Oui, je sais, et beaucoup d’entre nous sont déjà morts…
- Nous allons vous délivrer, moi et mes compagnons, mais…
- Vous vous inquiétez…vous ne savez pas si notre réputation de monstres est fondée, et vous hésitez à nous libérer. Je comprends. Mais je vous jure que nous vous considérerons comme notre chef si vous réussissez à surmonter votre répulsion. Car nous ne respectons pas la peur, faiblesse des hommes.
- Très bien, alors je serai votre chef.
Et elle libéra le malheureux, qui dans un effort surhumain, réussit à ne pas tomber. Elle fit de même pour les autres, qui s’effondrèrent plus ou moins sur le sol. Ils réclamaient tous de l’eau et de la nourriture, ce qu’elle s’efforça de leur procurer, fouillant les gardes et la pièce. Celui à qui elle avait parlé s’avança, et conversa à voix basse avec ses compagnons. Il y eut quelques éclats de voix, les corsaires ayant apparemment des avis différents. Stormwen attendait, anxieuse. Finalement, les ravageurs se retournèrent vers la jeune femme, une lueur farouche et meurtrière dans leurs yeux injectés de sang.

***
La pièce était lumineuse, bardée de bleu. Au centre était un lit à baldaquin, aux draps couleur saphir et argent. Autour étaient regroupées les jeunes filles de la fontaine, l’air apeuré. Mais devant elles se tenait une barrière de soldats, hallebardes en avant.
- Messieurs, bien le bonjour ! Mesdemoiselles, nous nous sommes déjà vu ! Mes compagnons et moi-même souhaiterions nous saisir de votre maîtresse, et sommes relativement pressés, donc si vous pouviez avoir l’obligeance de …
- De dégager !
- De vous décaler, où nous risquerions de vous faire mal.
Pour toute réponse, les armes s’avancèrent. Marsh haussa les épaules, regarda le nain, qui sortit ses griffes. Alors que les troupes se préparaient au combat, les rideaux du lit s’ouvrirent, et une femme apparut. C’était une énorme femme, grasse, qui s’accordait magnifiquement bien avec son mari, les cheveux attachés en un chignon grotesque, les joues poudrés de vert lui donnant un teint huileux, ses yeux sombres fardés à outrance, sa poitrine énorme semblable à celle d’un morse, et ses bourrelets dépassant de chaque côté de sa robe rose fuchsia. Sur son front était posé un diadème vulgairement taillé, un saphir au milieu, mais très mal assorti au bijou.
« Quelle horreur ! », fit Marsh en voyant la nouvelle apparition.
« Quelle horreur ! », fit Khazadrine en regardant le bijou grossier.
La femme du maire prit la parole, d’une voix grave à faire frémir un troll :
- Quelle engeance me dérange ?
- Aucune, mairesse, nous aurions simplement souhaité vous kidnapper afin de faire pression sur votre mari pour délivrer nos amis. Votre mari étant le maire T, comme vous le savez.
- Le maire T ?
- La maire S, le maire T…Bon, oubliez ça ! Si vous voulez bien nous suivre à présent.
- Gardes ! Emparez-vous d’eux !
- Je l’avais bien dit, la baston, il n’y a que ça de vrai ! Yaya !
Le nain sauta sur le premier suicidaire s’avançant vers eux, lui enfonçant son arme dans son thorax. Le malheureux poussa un cri de douleur, mais les corsaires avaient pris l’initiative. Marsh dégaina, para un coup sur le côté, se fendit et planta sa pointe dans l’aisselle de son adversaire. Le sang gicla, mais ce ne fut rien à côté de la mare qui repeignit littéralement le sol, les cadavres des soldats se vidant de leurs entrailles, perforés par les griffes du nain, coupés par les sabres de corsaires ou blessés par les arbalètes. Beaucoup des jeunes filles s’étaient évanouies, et les intrus n’eurent à déplorer qu’une seule perte, mais la victoire restait totale. Cependant, des coups sourds retentissaient derrière la porte, les autres soldats s’étant sans doute décidés à agir. Marsh attacha la mairesse, qui se débattit de toutes ses forces, mais sans succès, entourée qu’elle était par tous les assaillants. Soudain, la porte s’ouvrit avec fracas. Une vingtaine de gardes entra en hurlant. Les corsaires pris par surprise tentèrent une sortie, mais les gardes étaient plus nombreux et plus organisés. Marsh saisit son arbalète et tira, mais, dans la panique, il ne réussit qu’à écorcher la joue d’un ennemi. Ses hommes se reculèrent dans l’angle, acculés de tous côtés par les pointes effilées des hallebardes. Celui qui semblait être le chef s’avança, et parla d’une voix forte :
- Vous paierez pour la mort de nos compagnons et pour l’affront vis-à-vis de notre dame !
- Une dame ? Dites plutôt un troll !
- Comment osez-vous ? Je me chargerai bien de vous couper votre langue, effronté, mais une petite séance de torture ne saurait vous déplaire, hum ?
- Vous aimeriez vous en convaincre ! A propos de torture, sont-ce vos prisonniers qui accourent là-bas ?
Le garde se retourna, puis poussa un gémissement plaintif. Marsh avait lancé son pied dans son entre-jambe. Cependant, le garde ne semblait pas être plus sensible que s’il lui avait tapé sur le bras. « Des eunuques ! », pensa le corsaire. Des cris sortirent de la cour, sorte d’aboiements et de grognements bestiaux. Les belligérants purent ainsi apercevoir Stormwen accourir à la tête de ses ravageurs, qui s’étaient équipés d’armes trouvées dans les sous-sols, allant de l’épée rougie au feu au marteau. Les soldats, paniqués par cette attaque sur deux fronts, s’éparpillèrent et devinrent ainsi des proies faciles. Les chairs volaient, les membres s’arrachaient, les côtes s’enfonçaient, le sang dégoulinait partout dans la pièce et la cour. Khazadrine et les ravageurs s’en donnaient à cœur joie, ces derniers se vengeant de tous les malheurs subis dans ces cachots.
Finalement, les soldats furent tous exterminés, et les corsaires retournèrent au navire, en prenant soin d’emporter tous les saphirs, les bijoux et autres babioles ayant une certaine valeur, ainsi que les jeunes vierges, qui entouraient leur maitresse. Marsh décida d’envoyer un messager au maire pour lui faire parvenir la nouvelle, ainsi que la demande de rançon, et ce fut le nain qui eut ce rôle.
Ils attendirent plusieurs jours son retour, installés à quelques bords de la côte. Un matin, Aboubou se leva, exaspéré. Le retard du nain était inimaginable et insupportable, et ce ne fut que lorsqu’il vit trois griffes par-dessus le bastingage que son humeur fut calmée. Il aida Khazadrine à grimper. Celui-ci était couvert de sang, de blessures et ses habits étaient déchirés. Il remercia le lieutenant d’un signe de tête, puis marcha jusqu’au hamac du capitaine.
- Il a refusé.
- Quoi ?
- Il a refusé.
- Ce n’est pas possible !
- Si, ils m’ont tendu un piège, dont j’ai eu assez de mal à m’extirper, comme vous pouvez le voir, après que le maire ait décliné ma requête.
- Ah, il veut la guerre, et bien il l’aura ! Compagnons ! Ce maire a refusé de répondre à notre demande de rançon, et refusant ainsi de libérer nos compagnons ! Allons-nous le laisser faire ?
- NON !
- Alors, je vous propose d’aller à Casablancar, la ville ennemie de Carcasar, et de les aider à assiéger la forteresse !
- OUI ! A Casablancar !
- Mais vous êtes fou capitaine, c’est l’une des routes les plus dangereuses du Sud, que ce soit par la terre ou la mer !
- Alors, choisissez entre les deux, vous voulez vous mouiller, ou non ?
 Vous pouvez voir la suite sur http://guerreterredumilieu.forumactif.com/histoire-f3/missions-de-marsh-mallow-d-umbar-t164-45.htm, car je ne pense pas pouvoir vous la retransmettre…

Grob’, qui s’en va…emoticone

Figurines Okko

Je vous avais parlé d’Okko, voici donc les figurines que j’ai barbouillé…

Il y a Okko, Noburo, Fauche-le-vent et Kanata…

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http://www.servimg.com/image_preview.php?i=84&u=13598337

http://www.servimg.com/image_preview.php?i=85&u=13598337

Comment trouvez-vous ces gugus ?

Grob’ emoticone

 



Auteur: Grobelin

grobelin

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