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Archives pour novembre 2009

Skavens et tueurs nains…

Voila les photos de quelques skavens, et ce week-end je me suis achete la boite des vermines, ainsi que 5 tueurs nains (parce que si je n’aime pas les boites de conserves, j’aime bien les tares suicidaires !)
Donc voila mes premiers tueurs, mes moines de la peste, Queek, et quelques vermines (les vetements sont en fait la chair de leurs ennemis ! Comme ca c’est un schema original, et le meme que Queek !)
Skavens et tueurs nains... dans Figurines WHB p1350010
p1350011 dans Figurines WHB
p1350012
p1350013
p1350014
Grob’ pirat
PS : Encore desole pour les photos, mais il a plus quasiment tout le week-end… Sad

SKAVEN !

Bon, voici un tournant dans ma vie de collectionneur de figs, puisque je me lance dans Warhammer battle ! Et oui, apres avoir lu les 5 premiers Gotrek et Felix (en deux semaines !), je suis tombe amoureux des bestioles poilus qui inondent les souterrains du Vieux Monde, les Skavens !

J’ai donc achete le Bataillon, mais celui avec les anciennes figs de guerriers des clans, le nouveau n’etant pas en magasin (c’est pas grave, ca fera plus de variete !)

Malheureusement, je ne connais rien au systeme de jeu WB, donc pour creer une armee… Mais je vais deja me lancer dans un truc du clan Pestilen, avec la nouvelle Cloche/je sais plus quoi, et puis sans doute le clan Moulder et Eshin (j’adore le Snikch ! )

Donc voila les photos de mes premiers Skavens, peints hier et avant-hier !
SKAVEN ! dans Figurines WHB p1340910
p1340911 dans Figurines WHB
p1340912

Alors, qu’en pensez-vous ?
Grob’, inquiet… pale

PS : Si vous avez des conseils sur les skavens, j’en salive d’avance…emoticone

Marsh Mallow, chapitre 6

Voila la derniere mission en date de Marsh Mallow d’Umbar, meme si je n’ai pas l’impression que beaucoup de monde les lise…Les parties ou il n’ y a pas d’accents sont celles ecrites en UK… Innocent

 

 La nuit était calme. Cela faisait douze jours que les corsaires avaient pris le contrôle de la ville, et Marsh était tranquille quant à la suite des événements. Il se retourna dans son lit, et contempla Stormwen, le visage éclairé par la lune. Il était heureux de l’avoir près de lui, se sentant plus rassuré en sa présence qu’avec n’importe quel garde. Il rêvassait, lorsque des cris rompirent le silence nocturne. Il bondit hors du lit, se dirigeant vers le balcon qu’il avait assiégé quelques semaines plutôt. Une lumière flamboyante était visible, semblant provenir d’une rue voisine. Il sentit une main sur son épaule. La jeune femme s’était réveillée, et s’inquiétait.
- Que se passe-t-il, mon chéri ?
- Ce que je craignais. Le début des attentats.

***

Le conseil d’administration fut réuni le lendemain, à l’aube. Les notables de la ville étaient attablés autour de Marsh, derrière qui se tenait Zhurc, l’air plus sombre que jamais, Flac sur l’épaule.
- Messieurs, je vous ai réunis ici, ce matin, afin de régler le problème de la nuit. Comme vous le savez, la maison de Madame Mochin, qui avait eu la gentillesse de faire d’énormes dons à l’association des joueurs de croquet de la ville, a été incendié dans des conditions dramatiques, puisque cela a tué une quinzaine de personnes, Madame Mochin faisant partie d’un groupe de trafiquants d’alcool très fort, transformant le petit incendie en gigantesque explosion. Cela ne peut plus durer !
- Mais, ça a à peine commencé !
- Eh bien c’est fini ! J’ai décidé que les responsables de ce drame odieux seront pendus hauts et courts sur la place du port ! Les avons-nous arrêtés ?
- Non, la milice enquête en ce moment mê…
La porte s’ouvrit, et le nain entra.
- Désolé, j’étais aux bains, et une des filles a failli se noy…bon, je crois que je vous raconterai plus tard…
Le silence était total, les regards des notables tournés vers Khazadrine. Celui-ci balbutia :
- Sinon, heu, il y a une sorte de, heu, manifestation dehors…et deux nouvelles attaques.
- Quoi ?
Marsh se leva précipitamment de sa chaise, et se pencha à la fenêtre, Zhurc sur ses talons. Une foule de gens se pressaient devant la forteresse. Ils hurlaient, pointant du doigt le port, d’où s’élevait une fumée caractéristique.
- Trois attentats en un jour ! Mon dieu !
- Et ils se sont dirigés vers le centre ville après !
- Qui ça ? Les responsables ?
- Oui, je crois. Je ne sais pas, je revenais des bains en courant, lorsque j’ai aperçu quatre hommes dans une rue lointaine, qui essayaient d’être discr… oh, flûte ! Les bains !
- Eh bien quoi ?
- Ils sont au centre ville ! Les filles, attendez-moi, j’arrive à la rescousse !
Le nain détala, les griffes sorties. Zhurc se gratta la tête, et demanda :
- Qu’est-ce qu’on fait, capitaine, on le suit ?
- Parbleu ! Ce sera peut-être la seule occasion ! En avant toutes !

***

Le groupe arriva aux bains. Le spectacle n’était que désolation. Les portes avaient été arrachées de leurs gonds, et des pans de murs s’étaient effondrés. Le nain s’arrachait les cheveux, cherchant des survivant(e)s. Marsh entendit un gémissement à sa gauche. Il vit une main sous les décombres, qui bougeait faiblement.
- Zhurc, viens m’aider !
Le colosse souleva un pan de mur de sa main restante, et ils purent voir une jeune femme blessée. Le nain bondit à ses côtés, la soulevant délicatement.
- Nat’, ça va ?
- Khaz ? C’est toi ?
- Mais oui c’est moi ! Tu sais ce qu’ils ont fait des autres ?
- Ils en ont emmené plusieurs, mais j’ai vu Elwyn et Meg se faire tuer…
- Les scélérats ! Ils osent s’en prendre à des femmes ! Eh, toi, vas chercher un médecin pour cette femme qui souffre ! Euh… Khazadrine ?
Marsh regarda le nain. Celui-ci reniflait, les yeux humides. Soudain, son visage s’assombrit, alors qu’il humectait l’air.
- Allons, Kha…
- Ils ne sont pas loin d’ici, je les sens !
- Quoi ? Tu es sûr ?
- Certain !
- Bon, Zhurc, tu nous accompagnes ? Stormwen, reste avec les sauveteurs !
Le nain sortit se griffes. Le géant saisit une gaffe. Le capitaine dégaina son sabre et prit son arbalète.
- Par là, ça sent le savon !
- Non, l’expression, c’est « Ca sent le souffre ! »
- Ca sent le savon à cause des bains, crétin !
- Ah pardon !
Ils avançèrent prudemment, parrés à toute embuscade. Le nain continuait de renifler. Il se rapprocha de Marsh, et lui souffla :
- Ils sont autour de nous !
- Quoi ? Tu es sûr ?
- Mais oui, bon sang !
- Zhurc, stop !
Le piège se referma. Un filet emprisonna le colosse, tandis que les terroristes encerclaient les 3 compagnons, des archers sur les balcons. Trois hommes sortirent de l’ombre, accompagnés par un géant au teint verdâtre. Celui-ci s’avança, ouvrant une bouche d’où sortaient plusieurs dents acérées.
- Salut ! On m’appelle Big Momo, le semi-troll. Je suis le sous-chef des rebelles.
Marsh fut étonné. D’ordinaire, les monstres de son gabarit servaient plus de gardes du corps que de lieutenant, mais la logique torturée des rebelles ne le surprenait plus.
- Tu es donc le valet du fou de la ville ! Et que suis-je censé faire de cette information plus que superflue ?
- Moi et mes copains, on vous ordonne de quitter le patelin, sous peine de rcevoir la plus grosse raclée de votre vie !
- Recevoir la plus grosse raclure ? Mais je n’ai aucune envie de te recevoir chez moi, jambon-sur-pattes !
- Vous le prenez comme ça ? Très bien.
Le mastodonte fit craquer ses jointures. Ses compagnons saisirent des bâtons.
- N’essayez pas de vous échapper, mes archers vous tueraient. Nous, on va juste vous casser un ou deux membres, et vous couvrir de bleus.
- Vous aimeriez vous en convaincre ! Maintenant !
Marsh pointa son arbalète sur le plus proche archer, et pressa sur la détente. L’homme, surpris par la soudaineté de l’attaque, tomba du balcon, le carreau fiché dans l’appendice nasal. Dès que le signal fut lancé, Khazadrine se rua sur un pilier en bois qu’il trancha de deux coups de griffes, faisant s’écrouler la balustrade sur laquelle était postés deux archers. L’un d’entre eux se fit le coup-du-lapin, mais l’autre n’eut qu’une légère entaille, qui ne suffit guère à la soif de sang et de vengeance du nain, qui lui planta ses griffes dans le visage. Le sang gicla et l’archer s’effondra sans un souffle. Zhurc déchira le filet qui l’entourait avec ses dents, et se rua sur l’un des compagnons du semi-troll. Il parvint à lui retourner le bras, l’os sortant de la chair du malheureux. Il entendit un rugissement violent et n’eut que le temps de voir le chef de la troupe foncer sur lui, la bave aux lèvres. Le semi-troll l’envoya contre le mur opposé, et Zhurc s’effondra, assommé. En voyant son ami à terre, Khazadrine sauta vers le monstre, les griffes en avant. Il les planta dans son bras droit, mais Big Momo le regarda, souriant, et arracha le nain de sa prise. Il le prit par les griffes de sa main gauche et commença à le faire tournoyer. Le nain réfléchit à toute vitesse.
« Soit je lâche mon gant et je révèle mon secret, soit ce fou me tue ! Priorité à la vie ! »
Le pachyderme eut une surprise en s’apercevant qu’il ne faisait tourner qu’un gant en cuir par lequel sortaient des griffes.
- Où est passé le nabot ?
- Au-dessus, gros tas !
Il souleva sa lourde tête et vit le nain, les griffes de la main droite prêtes à se planter dans les yeux de Momo. Un éclat rougeoyant, et Khazadrine s’écarta de Big Momo, qui baignait dans une mare de sang. Pendant ce temps, Marsh se battait contre les deux compagnons restants, et tentait d’éviter les flèches meurtrières de l’archer. Il fit voler l’arme de l’un, enfonçant son sabre dans la clavicule de l’autre, tandis que le désarmé se prenait la flèche réservée à Marsh dans la joue. Le corsaire envoya alors son arme sur le meurtrier, qui s’écroula par-dessus la rambarde. Il se redressa et s’adressa au nain :
- Alors ?
- Alors quoi ?
- Pourquoi tu ne l’as jamais dis, pour tes griffes ?
- Bon d’accord, elles ne sont pas implantées, ce sont des gants métalliques et ingénieux, et par-dessus je mets des gants en cuir pour paraître plus dangereux. Ca te va ?
- Mais pourquoi n’as-tu pas une hache ?
- La mienne a été détruite, et j’ai juré de ne porter que celle-ci, lors de sa fabrication. Et puis j’ai vu ça, chez un armurier, et elles m’ont adopté… Bon, si on réveillait Zhurc ? Et…promets-moi de ne rien dire à qui que ce soit, hum ?
- Bien sûr ! Houlà, il l’a bien amoché, le gaillard !
Le colosse était dans un état pitoyable. Il avait l’œil enflé, le nez cassé, et du sang coulait à petites gouttes de ses blessures. Ils le soulevèrent et l’emportèrent vers les bains, ignorant les flaques de sang qui les entouraient. Ils ne pourraient plus rattraper les kidnappeurs des jeunes filles, mais huit rebelles avaient déjà été éliminés !

 ***
La révolte grondait. Les rebelles avaient bien travaillé. Des marchands aux tenanciers, la ville était sous le choc des attentats. Devant la forteresse, un grand groupe protestait, des pancartes levées. Khazadrine reconnut nombre de ses anciens clients, qui n’avaient à présent plus de barbier, le nain s’étant engagé dans la chasse aux rebelles. Il en parla à Marsh, dont le visage s’assombrit. Les rides sillonnaient son front, signe d’une anxiété extrême. Il parut réfléchir, puis releva la tête, l’air joyeux. Il prit un rouleau de parchemin, une plume, puis se mit à écrire. Il appela ensuite un coursier, à qui il susurra quelques mots à l’oreille. L’homme s’éclipsa. Tout cela s’était déroulé sous les yeux médusés du nain, qui ne pipait mot. Finalement, il haussa les sourcils, captant l’attention de son capitaine :
- Alors ?
- Alors tes problèmes sont réglés !
- Si tu le dis…

***
L’homme arriva devant la porte de la ville. Les gardes pointèrent leurs armes sur l’inconnu.
- Halte là, qui va là ?
- Moi.
- Avez-vous un laissez-passer ?
- J’ai une lettre de mon demi-frère.
- Qui est-ce ?
- Lisez la signature.
Le garde prit la lettre, regarda la signature, et s’inclina. Les autres ouvrirent la porte, et l’homme entra dans la ville. Les passants s’écartèrent sur son passage, son teint blafard et sa démarche inquiétante suffisant à éloigner le manant. Sa longue veste poussiéreuse s’ouvrit, dévoilant un éclat argenté. Ses pas lourds l’amenèrent devant la forteresse, encore assiégée par les manifestants. Il s’avança avec nonchalance, conscient du silence qu’il provoquait.
La même scène se répéta avec le garde de la forteresse, qui le laissa passer.
- Au fait, quel est votre nom ?
- Todd.

***
Le conseil était à nouveau réuni, dans la grande salle de la forteresse. On y trouvait de nombreuses têtes nouvelles, gens nouvellement arrivés dans la cité.
- Messieurs, l’heure est grave. Les rebelles ont réussi à rallier de nombreux adeptes, et la ville est en proie à la folie. J’ai donc fait chercher les plus éminents détectives et agents des Terres du Sud, que l’adjudant Gerbir, chef de notre milice locale, les « gens-d’armes », comme il les nomme, va présenter.
- Merci pour ces bonnes paroles, mon cher capitaine ! Je pense qu’on devrait les laisser se présenter eux-mêmes, qu’en pensez-vous ?
- Très bien, alors je commence : on me nomme Golay, Jerry Golay, et je suis le chef d’une bande d’espions, dont j’ai amené ici mes plus chevronnées représentantes, les Spîîîes…
- Génial…
- Moi, on me nomme Hercule Poivrot, et je suis un détective qui a toujours raison !
- My name’s Sherlick Antrolmes, and…
- Mais on ne comprend rien quand il parle lui !
Le maréchal-des-tavernes s’approcha.
- Si vous permettez, mon adjudant, j’ai des notions dans sa langue…
- Très bien, allez-y, Cruchon !
- My flowers are more beaûûûtiful than yours !
- Qu’est-ce-qu’il dit ?
- What ? I don’t understand what…
Soudain, la porte s’ouvrit, et un homme entra. Il était vêtu d’une grande veste, contrastant fortement avec son visage d’une pâleur extrême. Ses cheveux en bataille étaient striés d’une mèche blanche, lui donnant un air fou. En le voyant, Marsh leva les bras :
- Todd ! Enfin te voilà !
- Je ne raterais jamais une telle occasion d’accomplir ma vengeance…
- Euh…c’est qui ?
- Je vous présente mon demi-frère, Todd.
Un silence pesant. Finalement, Khazadrine tendit sa main au nouveau venu.
- Enchanté ! Et que viens-tu faire ici ?
- Il vient te remplacer.
- Me…remplacer ?
- Comme barbier, voyons ! J’ai besoin de toi pour la chasse aux rebelles, il va donc satisfaire tes clients, à … à sa manière…
Le nain soupira.
- J’ai cru que tu ne voulais plus de moi !
- Soyons sérieux… Bon, adjudant, si nous mettions en place un plan d’action ?
- Je n’attendais que votre accord, capitaine. Cruchon ! Le tableau d’affichage !
- Oui mon adjudant…

***

La nouvelle de l’arrivée de Todd fit sensation en ville. Les clients commencèrent à affluer dans la nouvelle boutique de barbier, qui s’était vu installée à la place de l’enseigne de Madame Mochin, morte durant les attentats. Il s’était vu chargé par son frère d’interroger les éventuels rebelles pour en apprendre plus. Malheureusement, peu d’entre eux osèrent le voir, et ce ne fut que trois jours après son arrivée que le directeur de la prison entra dans l’échoppe. Celui-ci était vêtu d’un grand manteau à fourrure, signe de sa position élevée dans la ville, et marchait d’un pas élégant. Lorsqu’il entra, Todd le détesta immédiatement. Ses airs doucereux le rendait antipathique et fourbe, mais il s’approcha tout de même du client, et lui proposa un siège. Il commença le rasage, et ils commencèrent à discuter, Todd tentant de lui soutirer des informations.
- Et votre frère, vous l’appréciez ?
- Mon demi-frère ! Non, je le hais, son père a tué le mien, c’était un gondorien qui a violé ma mère, mon père tentant de s’interposer s’est fait transpercer… Lui, c’est donc un bâtard…
- Intéressant… Et vous aimeriez vous venger de lui ?
- Plus que tout au monde !
Todd voyait où l’autre voulait en venir, il continua donc dans la même direction.
- Pourquoi, vous pouvez faire quelque chose pour moi ?
- Hum…c’est-à-dire que… j’ai des relations…
- Quel genre de relations ?
- Si vous voulez, venez sur la plage, après le rocher du Crabe-qui-aboit, il y a une réunion…
- Je ne connais pas cette plage !
- C’est une plage…euh…naturiste…
- Ah oui… Intéressant…
- Je ne vous le fais pas dire ! Il y a de beaux spécimens parfois ! On est censé ne pas…enfin…vous comprenez…
- Oui, avec toutes ces jolies créatures, vous avez du mal à garder profil bas, c’est ça ?
- On peut dire ça comme ça ! Mais il y en a pour tous les goûts…
- Ah ?
- Il y a même des gamines… J’en avais capturé pour amuser mes gardes et moi…
Todd arrêta sa besogne, dégouté. Un violeur d’enfants ! Il regarda son rasoir, qu’il fit légèrement pivoter dans sa main. Il ne lui restait qu’une seule information à avoir, et après…
- Et à quelle heure est cette réunion ?
- Environ huit heures. Si vous ne pouvez pas, vous pouvez vous rendre au quartier général, le bistrot du…Mais que faites-vous ?
Le directeur venait de voir le rasoir pointé sur sa gorge.
- Je te rase de très près, gratuitement en plus.
Un éclair argenté, un éclaboussement rougeâtre, et le « client » ne fit plus un mouvement

***
Marsh vit arriver son demi-frère qui courait vers lui, la chemise ensanglantée. « Enfin ! Je me demandais quand il passerait à l’acte ! », pensa le capitaine.
- Todd ! Tu as retrouvé tes bonnes vieilles habitudes !
- Très drôle. Bon, j’ai une information capitale pour toi : le quartier général des rebelles se situe dans un bistrot, et sinon il y a une réunion de rebelles ce soir à huit heures sur la plage à droite du caillou de la Crevette-qui-miaule…
- Ce n’est pas plutôt le rocher du Crabe-qui-aboit ?
- Si, c’est ça. Sur la plage naturiste…
- C’est une plaisanterie ?
Le nain s’était rapproché en entendant « naturiste ». Les bains lui manquaient…
- Il faut qu’on aille sur une plage naturiste ?
- Pas toi ! Tu vas chercher leur lieu de rendez-vous ! C’est moi et Zhurc qui iront voir les nudistes…
- Quoi ? Pourquoi c’est toi qui doit t’amuser ?
- Tu sais, il n’y a pas que des jolies femmes sur les plages, il y a aussi de gros pervers grassouillet, plein de bave sur les lèvres, dans le genre de l’ancien maire, si tu vois ce que je veux dire.
- Mouais, ça calme. Mais quand même…
- Leur point de rencontre se trouve dans un bistrot…
- Un bistrot ? Il va falloir chercher dans toutes les tavernes de la ville ? Mais pourquoi tu ne me l’a pas dit avant ? Yahou !
- Nous allons devoir faire deux groupes, l’un qui attaquera les nudistes avec la milice, et l’autre qui cherchera la taverne ! Je propose d’aller voir les nudistes avec Zhurc, le détective étranger, l’adjudant Gerbir et son « protégé », tandis que Khazadrine ira avec Todd et les autres. Ca vous va ?
- Mouais…
- Et moi ?
Stormwen s’avançait, les mains sur les hanches. Marsh recula d’un pas, sous l’œil amusé du nain et du colosse estropié.
- Euh…ma caille… je crois que tu devrais rester ici, avec l’amie du nain, pour garder la forteresse, non ?
- Les femmes à la maison, pendant que les hommes s’amusent ?
- C’est exactement ç…euh…non, ce n’est pas du tout ça, voyons ! Il vaut mieux quelqu’un pour surveiller les arrières…
Le nain s’esclaffa.

***

La ville était calme. Des badauds s’avançaient, et se retournaient brusquement en voyant la petite troupe armée dirigée par Marsh. Le capitaine était entouré de l’adjudant Gerbir et ses hommes, ainsi que le détective étranger. Celui-ci essayait de se faire comprendre par ses compagnons, et Cruchon tentait d’interpréter ses paroles.
- Well, you know, I don’t understand why my friend, doctor Watsin, is not here with us, but I’m sure…
- My tailor is rich !
- Well, that’s very interesting…
- Yes ! Where is Brian ?
- Who is Brian ?
- No ! In the kitchen !
- What ?
- And Jennie, the sister of Brian ?
- Cruchon ! Vous allez la fermer, oui ou non ?
- Pardon, mon adjudant…
Gerbir se rapprocha de Marsh, mais pas trop de Zhurc, qui formait la garde rapprochée du corsaire, Flac sur l’épaule. Ils continuèrent jusqu’aux quartiers des miliciens, et repartirent, à la tête d’une vingtaine d’hommes. Tout était silencieux, lorsque les miliciens se mirent à chanter à tue-tête : La La La La La La La La La La La, la la la la la la la la la la la la la… Tidi tidi tidi, St Tropez…
- SILENCE ! VOUS ALLEZ NOUS FAIRE REPERER, ABRUTIS !
- Euh, capitaine, c’est vous qui faites le plus de bruit là !
- Adjudant, souhaitez-vous être dégradé ?
- I don’t understand anything of…
- Toi, tu te tais !
- Capitaine, on approche du rocher.
- Merci Zhurc. A partir de maintenant, silence, compris ?
Les soldats acquiescèrent, remuant la tête de haut en bas. Marsh sortit son arbalète et son sabre, tandis que Zhurc prenait une hache de sa ceinture.
Le rocher était noir, frappé par l’écume et les rafales. Derrière se trouvait une petite plage, réputée pour ses nudistes, à qui l’adjudant Gerbir avait déclaré la guerre, mais qui passaient toujours dans les mailles des filets tendus par sa milice. Les « aventuriers » avancèrent prudemment, et rampèrent sur une petite butte qui surplombait la plage. Ils eurent alors une vision paradisiaque. Le rivage était parsemé de jeunes femmes nues, qui bronzaient au soleil, au plus grand plaisir des intrus. En effet, nulle trace de rebelles, gras et transpirant.
Ils restèrent à les contempler une demi-heure environ, cachés derrière les buissons, lorsque le détective fit un signe à Marsh. De la gauche d’une crique sortaient des hommes, armés pour la plupart. La réunion avait déjà due se terminer. Le corsaire reprit ses esprits, et commença à donner ses ordres. La surprise serait leur meilleur atout, Marsh disposa donc ses hommes de manière à encercler l’ennemi, tout autour de la plage.
La bataille des nudistes allait commencer !

***
Khazadrine avait beaucoup de mal à trouver cette taverne. La ville en comportait une bonne cinquantaine, toutes dans les endroits les plus invraisemblables. Lui et ses compagnons en avait déjà fouillé cinq, sans grand succès. Le seul avantage était qu’il en profitait pour goûter à la bière, même si l’une d’entre elles avait failli le faire vomir. Il avait bien essayé de se lier avec Todd, mais celui-ci ne faisait qu’observer les visages des clients, dans l’espoir de rencontrer un visage connu ou détesté. Les tenanciers les regardaient d’un œil agacé, déjà qu’avoir un nain pour client n’était guère courant dans la ville…La chance tourna alors qu’ils visitaient leur sixième taverne. Ils commandèrent des boissons et s’installèrent confortablement sur des chaises rembourrées. Le tavernier, un gros homme transpirant et suant, alla les servir lui-même. La taverne n’étant occupé que par une table de types discutant à voix basse, ils lièrent conversation.
- Voilà vos chopes, messieurs ! Ah, ça fait plaisir de voir de nouveaux clients, vous pouvez me croire !
- Vous n’êtes donc jamais plein ?
- Hélas, mon bon ami ! Tout ce que je sais, c’est que la plupart des types louches vont en face, dans ce repaire de… enfin bref, vous voyez ce que je veux dire…
- Pas vraiment, non…
- Tenez, je vais vous raconter une anecdote, vous m’êtes sympathiques !
Le nain adressa un sourire au tavernier, qui s’assit sur une des chaises. Le meuble craqua et tangua dangereusement. « Il se met à table », songea-t-il.
- Alors, monsieur le tavernier, cette histoire ?
- Oh, appelez-moi Roger !
- Roger le tavernier ?
- Oui, j’ai un cousin du même nom qui tient une taverne dans un volcan et…enfin bref, je m’égare ! Figurez-vous qu’un soir, c’était il y a trois jours…non, deux jours, ou peut-être quatre…Non, non, il me semble que…
- Hum…
- Oui, bon, on se fiche de la date, pas vrai ? Toujours est-il que j’ai aperçu un type louche marcher dans la rue d’un pas pressé. Vous me direz que c’est naturel de marcher d’un pas pressé, tiens, ma grand-mère marchait d’un pas pressé lorsqu’elle s’est cassé la rotule, et je marchais moi-même d’un pas pressé hier, non, c’était avant-hier il me semble, ou peut-être demain… Attendez, j’ai dis demain ? Ah ah ; c’est que je suis doué moi ! Je parle d’un événement qui se passera demain ! Vous trouvez pas ça drôle, vous ?
- Hilarant, tout simplement hilarant…
Todd venait de prononcer ces mots d’une telle manière que le nain faillit éclater de rire. Le discours de Roger était entrain de les porter vers la famille de ce dernier, ce qui les aurait certainement intéressé s’ils étaient ivres morts un soir d’automne.
- Bon, où en étais-je, moi ?
- Vous nous parliez de votre aventure nocturne…
- Ah oui ! Je m’suis dit : « Roger », que je me suis dit, « Roger, ce type là n’est pas normal ! Il marche comme ta grand-mère le jour où elle s’est cassée la rotule, et il se dirige vers le bar d’en face ! » Vous trouvez pas ça inquiétant, vous ?
- Si, si, bien sûr…
- Franchement, moi, ça m’a paru louche ! Alors je m’suis dit : « Tu devrais écouter aux portes, voir ce qu’il s’y dit ! Même si ta maman te disait toujours de ne pas le faire… », oui, vous voyez, ma maman avait plein de dictons comme ça, je ne vous en citerai pas, mais il y avait par exemple…
Khazadrine se demandait s’il devait étrangler le tavernier, l’assommer avec un tabouret, le faire parler plus rapidement en le menaçant avec ses griffes, ou le laisser continuer à son rythme. Il jeta un coup d’œil à Todd qui semblait être aussi endormi que sous l’effet d’un narcotique. Il décida donc d’opter pour la dernière solution, tout en essayant de presser un peu ce beau parleur.
- Et donc, que s’est-il passé ensuite ?
- De quoi ? Ah oui ! Je parlais de la nuit ! Oui, alors je me suis approché, et j’ai regardé à travers les fenêtres du bar à l’opposé de celui-ci, et devinez ce que j’ai vu ?
- Aucune idée…
- Des orcs !
Le nain poussa un grognement de dégoût. Bien qu’il ne soit plus du côté des gens libres depuis un certain temps, sa haine des orcs restait intacte. Son côté nain reprenait souvent le dessus lorsqu’il était question de ces êtres vils et cruels. Le tavernier parut satisfait de son petit moment de surprise.
- Oui, des orcs ! Mais ce n’est pas tout !
Il se rapprocha, avec un air de conspirateur.
- Il y avait aussi pas mal de gars encapuchonnés, aux allures de comploteurs. Et debout sur le comptoir, le type le plus effrayant que j’ai jamais vu ! Il était très pâle, avec les cheveux v…
Il se tut soudain, son visage blêmissant, regardant derrière ses interlocuteurs.
- Alors, vous cherchez des rebelles ?
Ils se retournèrent et se retrouvèrent nez à nez avec un orc aux dents jaunâtres. Les deux bondirent sur leurs pieds, prêts au combat. Ils virent alors que la taverne était entrain d’être envahie par des orcs et des hommes en armes. L’orc leur parla à nouveau :
- Je vous ai posé une question ! Vous cherchez les rebelles ? Les voilà !
Et il partit d’un grand éclat de rire. Les rebelles commençaient à les encercler de manière menaçante. Le nain sortit se griffes en grondant. L’orc recula prestement, mais se ressaisit au vu du nombre de ses alliés.
- Le gros nabot bedonnant combat seul ?
- Pas seul !
Todd fit apparaître ses rasoirs en un long mouvement fluide. Roger se glissa derrière son comptoir et saisit une énorme arbalète. Il cria d’une voix rauque :
- Sortez tout de suite de ma taverne ! Si vous voulez vous battre, allez dehors !
Les intrus flanchèrent légèrement face à l’énorme arme que tenait le tavernier, d’autant plus que celui-ci donnait l’impression de savoir s’en servir. Les armes que Todd venait de montrer ne les effrayèrent pas tellement, mais sa face blafarde les gardait à distance. Un silence de mort inondait la pièce. Soudain, un rire inquiétant le rompit. Les rebelles s’écartèrent au fur et à mesure pour laisser le passage à l’être le plus effrayant que Khazadrine ait jamais vu. Son visage était maquillé de blanc, ses yeux encerclés par deux taches couleur d’ébène, et sa bouche était étirée, comme coupée, et surlignée de rouge. Ce symbole horrifiant était encadré par une masse de cheveux gras, verts, luisants, contrastant fortement avec ses habits violets et une sorte de col rouge à pois jaunes. Pour parfaire cette vision effroyable, un rire froid et glacial semblait sortir de chaque recoin de la pièce, même s’il était clair que l’homme au masque en était la source. Le tavernier brailla :
- C’est lui ! L’homme dont je vous parlais tout à l’heure !
- Silence, gras-double !
La voix était vide de toute chaleur, mais ponctuée d’intonations démoniaques. Le nouveau venu s’avança, rejetant son manteau en arrière, de manière à mettre en évidence les couteaux de lancer parsemant ses habits.
- Bonsoir, messieurs ! Tel que vous me voyez devant vos yeux ébahis et tremblants, révulsés par l’horreur de me voir ainsi devant vous, je suis…le Moker.
Khazadrine réfléchit un bref instant afin de comprendre la phrase dénuée de sens que venait de prononcer le costumé. Ses manières onctueuses lui rappelaient étrangement Marsh, en un peu plus effrayant quand même. Ne sachant s’il devait agir immédiatement, il attendit.
- Malheureusement, je vous trouve trop fouineurs… Je vais donc me débarrasser de vous…Pourquoi cet air si sérieux ? Ce ne sera pas long… »
Et il partit d’un grand éclat de rire alors que ses hommes chargeaient.

***

Des cris. Des coups. Des corps. La bataille faisait rage sur la plage. Les projectiles des corsaires assombrissaient le ciel, malgré l’ordre de Marsh d’essayer de ne pas toucher les nudistes. La mêlée fut à son comble lorsque ses hommes dévalèrent la petite butte et frappèrent les rangs ennemis de plein fouet, au milieu des nudistes tentant d’échapper au choc du marteau et de l’enclume. Le capitaine s’élança à son tour, heurtant « fort malencontreusement » une jeune fille au hasard. Son sabre se planta dans la cuisse d’un rebelle incrédule, tandis que Zhurc écrasait deux malheureux sous son poids. Marsh se retourna juste à temps pour apercevoir l’adjudant Gerbir, l’air paniqué, aux mains avec trois conspirateurs, son sergent Cruchon poursuivant deux nudistes en tirant la langue. Il envoya son sabre en un long mouvement audacieux, tranchant le tendon de l’un, coupant une oreille d’un autre, pour finalement l’enfoncer dans l’omoplate du dernier. L’adjudant se releva, pantelant et essoufflé :
- Merci, capitaine, je ne sais pas ce que j’aurais f…Attention !
Une arme siffla dans son dos, mais le bruit fut interrompu par un cri d’agonie. Marsh vira de bord et vit Flac arracher la pomme d’Adam de l’agresseur.
- Mon Valar ! Mais c’est horrible, ce truc !
- Ce truc est mon singe, et si vous ne retirez pas immédiatement ce que cotre bouche acerbe vient d’émettre, je pourrais regretter de vous avoir sauver, adjudant !
- Oui, oui, très bien ! Bon, je vais chercher le demeuré… Cruchon !
Le capitaine replongea dans la mêlée, heurtant à nouveau les corps nus des jeunes filles épouvantées. Il en prit une par le bras et la questionna :
- Excusez-moi, délicieux ornement de cette plage, mais y aurait-il une sorte de falaise tentée par le vil désir de s’ébouler dans les trois prochains mois ?
- Je…je ne sais…à l’aide !
- Je ne vous veux aucun…
Il s’interrompit pour parer une attaque maladroite d’un rebelle véreux et sans doute émerveillé par la merveilleuse prise qu’il allait dérober au corsaire, du moins jusqu’à ce que la lame de celui-ci se plante dans son entrejambe.
- Désolé mon gars ! Tu ne risques pas de t’en servir avant longtemps ! Non, revenez, créature de rêve s’offrant à mon regard perspicace et langoureux !
Mais la fille s’était évanouie, terrorisée.
- Bon, je ne sais pas si le bouche-à-bouche est approprié, sachant qu’aucun de ces fripons qui me secondent n’est assez fiable pour ne pas tout raconter à ma dulcinée d’une jalousie équivalente à celle qu’entretient un troll devant un cadavre frais depuis quatre jours… D’un autre côté, si je commence à lui mettre des baffes, je risque de passer pour un violent sans scrupules… Zhurc ! Viens donc faire un bouche-à-bouche à la demoiselle !
Le colosse, couvert de sang, s’approcha, l’air timide, en écartant brutalement les belligérants qui lui coupaient la route.
- C’est-à-dire que…
- Allons, ne fais pas ton timoré ! Vas-y ! Je ne regarde pas ! Tiens, je vais même botter le train de ce mal élevé qui tente d’enlever ses vêtements pour maltraiter cette chère enfant, à l’autre bout de la plage…
- Groumf…
Le corsaire s’éloigna, laissant Zhurc seul avec la fille évanouie.
« Bon, il faudrait trouver une falaise et attirer tous ces gugus, puis malencontreusement leur faire tomber tout un pan de caillasses dessus… Mallow, à toi de jouer ! »
Il chercha des yeux la déformation désirée, et en trouva une paraissant prête à s’écrouler. Alors qu’il allait mettre son plan à exécution, il entendit un des rebelles crier d’une voix où perçait la panique : « Fuyez ! Nous sommes submergés ! »
- Victoire mes hommes ! Capturez des prisonniers !
- Oui cap’ !
- Et on doit aussi capturer des nudistes ?
- Pourquoi faire ?
- Ben, s’il faut des témoins…
- Oui, je vois, des témoins que tu pourrais interroger en profondeur…
- Ben, c’est-à-dire que…
- Hum hum !
Marsh se retourna et poussa un juron de dégoût. Devant lui se tenait, fièrement campé sur deux jambonneaux gras et luisants, un nudiste dont le triple menton quadruplé se confondait avec un ventre rondement dodu, cachant par bonheur son intimité aux yeux des observateurs tétanisés.
- Excusez moi, petit freluquet dépenaillé, mais j’exige réparations !
- Mais encore ?
- Vous vous êtes immiscés dans une honnête séance de bronzage quotidien, de nous autres naturistes, en surgissant comme des sauvages assoiffés de sang bordeaux coulant à flots devant nos yeux emplis d’un ébahissement sans bornes, dont la monotonie fut rompue par les cris d’une terreur macabre et cruelle qui inonda nos jeunes amies, dont…
- Pardonnez moi de vous interrompre, monseigneur du mollet gonflé, mais pour quelle raison pratiquez vous cet art perversifié et vil qu’est le naturisme ?
- Je m’insurge ! Je suis tout bouleversé par ces billevesées grotesques dont vous…
- Allons, entre nous, vous êtes un homme comme les autres…Vous les aimez, ces petites coquines, n’est-ce pas ?
- Hum, c’est-à-dire que…enfin, voilà…il n’y a pas d’autres endroits aussi pourvus de jolies croupes et…
- Somme toute, vous êtes un petit voyeur, hein, heureux polisson ?
- A peu près, oui…
- Très bien, c’est ce que je voulais entendre ! Adjudant, arrêtez moi cet homme !
- Comment ? Mais vous…
- Il s’est rendu coupable de voyeurisme sur la personne de ces charmantes jeunes filles, et est accusé d’outrage aux personnes ici présentes !
- Mais vous ne pouvez…
- Allons, pas d’histoires mon gaillard ! Cruchon ! Prêtez moi main forte ! Nous allons le coffrer, ce gus malingre et bouffi !
- Oui mon adjudant, tout de suite mon adjudant !
Marsh revint vers ses hommes, satisfait. Il vit Zhurc, les joues roses, soutenir la jeune fille évanouie, qu’il avait emmitouflée dans une serviette qui traînait là. Celle-ci, la fille, pas la serviette, le regardait avec admiration, l’air follement amoureuse.
« Une bonne chose de faite ! Ce gars était un peu seul, à mon goût… »
- Bon, c’est pas tout ça, mais amenez moi quelques prisonniers, qu’on puisse les cuisiner amicalement…
Soudain, un gros bonhomme rougeaud et couvert de sueur se montra sur la petite butte. Il courait à en perdre haleine, et lorsqu’il vit les corsaires attroupés autour de Zhurc, qui dominait tout le monde, il s’avança vers lui d’un pas chancelant.
- Monsieur Mallow ? Je m’appelle Roger, je suis…kof kof…je suis tavernier…kof kof… et je…beuargh !…je viens de la part du… torg !…nain Margarine…non, Ptitcopine, non…ah, j’ai oublié son nom !
- Dis-donc, vous…
- Laissez-moi, vous ! Je…kof…parle à monsieur Mallow !
- Mais c’est moi Mallow, bougre d’abruti !
- C’est vous ? Oh, pardonnez moi, je ne savais plus ce que je disais, c’est comme le disais ma grand-mère, pas l’unijambiste, l’autre, celle qui louchait ! « Roger », qu’elle me disait, « tu vas finir par t’attirer des ennuis à vouloir aller trop vite », et voilà que je vous confonds par mégarde, et…
Le capitaine regarda ses hommes. Ils abordaient tous un air totalement exaspéré, mais gardaient tout de même leur sérieux.
- Bon, monsieur Roger, vous parliez de Khazadrine…
- Voilà, c’est ça ! Ah, que monsieur le capitaine m’excuse, j’ai toujours eu une mémoire défaillante, comme ma marraine, d’ailleurs, qui est la fille de mon oncle par alliance, marié à la belle-sœur de…
- Et donc ? Qu’est-il arrivé au nain, crétin ?
- Non ! Ne me frappez pas, j’ai fais tous ce que j’ai pu !
- Mais je ne te frappe pas ! Je t’interroge !
- Et bien, le nain a été fait…avec son copain le barbier…prisonnier !

***

Khazadrine ouvrit les yeux. Tout était encore flou autour de lui, et il ressentait une douleur cuisante derrière son crâne. Il se demanda où il avait été emmené, puisqu’il était de toute évidence attaché par de solides chaînes. Il resta un moment les yeux fermés, tentant de se rappeler pourquoi il était prisonnier. Au bout de quelques minutes, tout lui revint. L’entrée dans la taverne, la connaissance du bavard, l’arrivée du Moker, puis l’attaque de ses troupes. Trois contre une petite armée ! Il voulut renifler, mais le sang coula sur son nez, cassé. Il sentit une profonde entaille sur son appendice. Un coup de couteau du clown, sans doute. Il revit le duel qui l’avait opposé à son adversaire dément. Des accessoires tranchants sortaient de toutes ses poches, et le fou ne ratait presque jamais sa cible. Il tenta de compter ses blessures, mais abandonna à la septième, son corps meurtri le martyrisant à chaque instant. La plupart des plaies étaient dues au Moker, les coups des rebelles et des orcs n’étant souvent pas assez précis pour toucher le nain, d’une agilité surprenante pour ceux de sa race. Il avait dû en tuer une bonne dizaine, avant de s’effondrer, en surnombre et transpercé de part en part. Un coup de gaffe l’avait étourdi, et ses adversaires réussirent à le bloquer en l’enroulant dans un filet de pèche qui décorait le mur de la taverne. Pauvre Roger ! Son établissement ne devait être qu’un tas de braises rougeoyantes en ce moment. Il se souvint que son opération pour le faire s’échapper semblait avoir réussi, puisque le tavernier était parvenu à se faufiler derrière les rangs des assaillants, après en avoir occis trois grâce à son arme imposante, et deux orcs s’étaient retrouvés cloués au sol par un des tonneaux que le brave homme avait lâché sur les agresseurs. Le nain sourit à ce souvenir, mais le simple fait de bouger sa bouche lui arracha un gémissement. Il réussit enfin à ouvrir les yeux, mais la pièce était plongé dans l’obscurité, ce qui ne l’empêcha pas d’entendre un soupir à sa gauche. Il essaya de tourner la tête, mais son cou paraissait comme immobilisé sous l’effet d’une drogue. Il devina qu’l s’agissait de Todd, et en fut certain lorsque la toux caractéristique du barbier se fit entendre. Le beau-frère du capitaine s’était également bien battu, tranchant les gorges de ses adversaires avec ses rasoirs aiguisés. Alors que la spécialité du nain se situait dans l’émasculation presque systématique de ses ennemis, le barbier semblait apprécier plus particulièrement les jugulaires sanglantes et tranchées. Il le revit s’affaisser après avoir reçu un coup de couteau du clown dans les côtes inférieures droites, heureusement assez éloigné du cœur et du poumon. Il avait dû être légèrement soigné, car le Moker avait bien exprimé son désir de les capturer vivant. Il se demanda d’ailleurs où était celui-ci ainsi que ses complices, puisque les deux compagnons semblaient seuls dans la pénombre. Il décida de parler avec Todd, mais ne parvint qu’à sortir des gargouillements gutturaux. Une voix froide rompit le silence.
- N’essayez pas de parler, vous avez été drogué par un…médicament de ma composition. Vous n’aurez le loisir d’utiliser à nouveau votre voix bourrue que d’ici deux heures sept minutes et dix-neuf secondes exactement.
Le nain sentit sa colère revenir. Depuis combien de temps ce comique les regardait-il, et comment pouvait-il les voir ?
- Cela fait environ une heure que je vous observe, mais ne vous inquiétez pas, mon petit nain, je suis à moitié nyctalope, ayant été élevé dans une grotte remplie de créatures effrayantes, chauve-souris, arachnides…
Le nain eut un sursaut. Ce type complètement dérangé lisait-il dans les pensées ?
- Oh, non ! C’est juste que la plupart de mes prisonniers que je ne drogue pas ont les mêmes impressions, et beaucoup d’entre eux pensent à voix haute… Mais je vous rassure, il vaut mieux pour vous que vous soyez drogués, vous sentirez moins la douleur !
Et il partit d’un grand éclat de rire, qui glaça littéralement le sang du nain. « Si je m’en sors, je l’envoie six-pieds sous terre ou à l’asile…si je m’en sors… »

***

- Prisonnier ? Comment ça ?
- Comme je vous le dit ! C’est l’autre fou qui les a attrapés, mais moi j’ai pu m’échapper, car comme le disait ma grand-mère, il faut toujours regarder autour de soi, et de toute évidence les bandits ne l’ont pas fait, puisque…
- Bon, tu vas nous mener à ton auberge, et nous on va punir ces zigotos…
La petite troupe se mit en marche, menee par le tavernier. Celui-ci continuait de parler de sa famille a la trente-troisieme generation, tant et si bien que le corsaire du lui attacher un baillon autour de la bouche. Le tavernier semblait partage entre l’idee de s’enfuir a toutes jambes, le plus loin possible de ces rustres brutaux, ou bien continuer pour sauver le nain qui avait ete gentil avec lui. Finalement, ils arriverent dans la rue du desastre. Lorsque Roger vit le tas de ruines fumantes qui avait pris la place de sa chere taverne, il chancela. Marsh dut le retenir afin d’eviter qu’il ne s’ecroule sur les braises rougeoyantes.
- Desole mon gars…
Le tavernier se releva, une lueur feroce dans le regard.
- Tres bien, ils m’ont cherche, ils m’ont trouve… Venez, leur repaire est par la…
Les hommes avancerent jusqu’a l’impasse. Tout etait silencieux. Marsh sortit son sabre et marcha lentement jusqu’a l’endroit indique par le tavernier. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il vit un cadavre sur le pas de la porte ! Il regarda autour de lui et eut un sursaut d’effroi. La rue etait encombree de corps sanguinolents ! Le corsaire tourna lentement sur lui-meme, lorsqu’une voix rompit le silence.
- Alors mon chou ? On tente de s’amuser sans moi ?
Il eut un frisson d’excitation. « Stormwen, ici ? Mais comment ? »
La jeune femme sauta de la goutiere sur laquelle elle etait perchee. Elle se jeta sur Marsh et l’embrassa avec ferveur, le capitaine lui rendant son baiser. Enfin, leurs levres se separerent, et il donna l’ordre a ses hommes de le rejoindre.
- Il vallait mieux etre seuls pour ce petit moment d’intimite !
- Oh, nous n’etions pas seuls, loin de la !
Elle emit un petit claquement de doigts, et aussitot des hommes surgirent de tous les interstices et caches de la rue. Marsh sourit en reconnaissant les ravageurs, toujours aussi bien coiffes et pleins d’entrain, a faire rire un tas de cendres…
- J’attends maintenant tes explications, cherie…
- Disons que ton ami le nain n’est pas d’une discretion redoutable lorsqu’il s’agit de ne pas se faire remarquer, et que quelques hommes pouvaient se trouver par hasard dans une taverne carbonisee maintenant…
- Je vois… Bon, quel est le plan ? Et s’il y en a un qui me rappelle le « plan Q » de la derniere fois, je le tue.

***

Le nain commencait a sentir ses membres s’engourdirent. Le Moker continuait son long monologue, ses prisonniers ayant decide de ne plus lui adresser la parole. Des cris rompirent le silence cree par la derniere phrase du Moker, « Les fourmis sont folles a lier ! Vous avez compris ? Fourmilier ! », phrase que Khazadrine considerait comme particulierement stupide, mais a laquelle il n’attachait plus d’importance. Les cris lui redonnerent courage, et il sentit Todd se redresser.
- Et bien, que se passe-t-il, la-bas ?
- Chef, les corsaires ! Nous sommes assieges !
- Dis-moi, pour venir ici, tu as bien du quitter ton poste, non ?
- Oui, mais…
- N’avais-je pas ordonne que personne ne quitte son poste ?
- Si, margh…!
La contestation mourut dans la gorge du rebelle alors que le Moker enfoncait lentement un coutelas dans son poumon. L’homme s’effondra, agonisant sur le sol.
- Je deteste qu’on me conteste. Ahah ! Vous avez vu, je fais des rimes bien entendu !
- Completement barge !
- Comment ? Qu’as-tu dis, miserable ver ?
Le clown marcha en direction de Todd, son arme a la main. Celui-ci avait souffle ces mots a voix basse, mais pas suffisamment. Khazadrine reflechit a toute allure. Sa corpulence naturelle lui permettait de se regenerer plus rapidement de ses blessures, alors que le corps rachitique du barbier devait etre mal prepare a recevoir de nouvelles blessures. Il lanca donc : « Ce n’est pas la peine de t’en approcher, c’est moi qui ai dit ca ! »
Le Moker se retourna, lentement.
- Oh ! Le petit bonhomme se sent courageux, attache comme il est et incapable de se defendre ? Tres bien…!
Le nain poussa un grognement de douleur lorsque le couteau se planta dans sa cuisse.
- Alors ? On fait toujours le malin ?
- Moi, non, mais toi, tu ne vas plus le faire longtemps non plus !
La porte venait de s’ouvrir a la volee, et des hommes surgirent de l’ouverture, accompagnes par des orcs hurlant.
- On dirait que mes copains arrivent… C’est embetant, non ?
- Tres bien…
Le Moker enleva sa lame du membre ensanglante du nain, puis rit.
« Petard, ce type est capable de se gondoler a n’importe quelle heure ! »
Des coups furent tapes a la porte. Khazadrine vit les orcs tenter de la tenir ferme, tandis que les rebelles se preparaient a tirer sur tout assaillant passant l’ouverture. Les coups retentirent de plus belle, et soudain une hache traversa le bois, s’enfoncant dans le bras d’un orc. Il entendit la voix de Marsh dire « Merci Zhurc ! », puis la porte se detacha de ses gonds et tomba sur un orc, incapable de la retenir seul. Il hurla : « Des archers vous tiennent en j…! » mais sa phrase fut etouffee par un coup de poing du Moker, qui se tenait pret, ses couteaux leves. Alors que le premier ravageur penetrait dans la salle, les projectiles volerent. Le malheureux fut transperce de toutes parts, mais reussit a planter son sabre dans le torse d’un orc, avant de succomber. Seul le Moker n’avait pas lance ses armes, et il hurla : « Rechargez ! Rechargez abrutis ! » Mais les rebelles etaient trop stresses pour pouvoir se reprendre convenablement, et les corsaires entrerent a grands cris. Le clown lanca son premier couteau sur Marsh, qui l’evita de justesse en se faisant lui-meme un croche-pied, et son deuxieme sur Zhurc. Le colosse saisit un orc en guise de bouclier, et la creature mourut, l’arme dans la colonne vertebrale, avant d’etre projetee sur un groupe de rebelles. Les ravageurs massacraient les rangs ennemis, les orcs etant plus terrifies par leurs peintures de guerre et leurs cris que par leurs armes. Marsh lanca alors une attaque sur les rebelles, pointant son arbalete sur l’homme de tete. Le sang gicla jusqu’a Todd, qui sentit sa soif de vengeance se reveiller. Les tirs corsaires firent mouche dans la plupart des cas, et les rebelles furent acheves a l’epee. Zhurc et Stormwen combattaient une petite troupe d’orcs, la hache du geant faisant des merveilles, tandis que la jeune fille qu’il avait secouru, Enarilyn, restait cachee derriere la porte sur son ordre. Le Moker etait le seul a rester au milieu de la bataille, encore invaincu par ses ennemis, ses couteaux transpercant les gorges des corsaires tant et si bien que sa face blanchatre etait a present recouverte de sang. Khazadrine vit enfin Marsh accourir vers lui, et le capitaine lui detacha le bras droit. Il fut interrompu par un rebelle qui lui lanca une petite dague, que Flac saisit au vol et renvoya dans l’oreille d’un autre rebelle. L’homme croisa le fer avec le capitaine, avant de se retrouver dos au nain.
- Je serais toi, je ne me positionnerais pas dos au mur, garcon !
- Qu’est-ce q…?
Le rebelle se retourna et se retrouva avec les griffes de Khazadrine dans le nez.
- Merci, Marsh ! Ca fait du bien de te revoir !
- La meme chose pour moi ! Mais sans sucre !
- Mouais…
- Bon, il est temps d’arreter ce clown degenere !
- Tu l’as dit bouffi !
Marsh bondit, la lame pointée sur le Moker. La scène défila au ralenti. Le clown se jeta en arrière, tout en attrapant Enarilyn qu’il avait repere depuis le debut du combat. Celle-ci fut projeté vers Marsh, et l’irréparable se produisit : le sabre se planta dans la chair tendre du sein, éclaboussant la figure du capitaine de sang. Il vit les yeux de la jeune femme s’écarquiller et luire d’un éclat de terreur, avant de s’éteindre à jamais. Il entendit le cri déchirant de Zhurc, le soupir de Stormwen, le juron de Khazadrine, et l’éclat de rire du Moker parvint enfin à ses oreilles. Il se releva, reprit son sabre en douceur, l’extirpant du corps de la jeune femme, et se rua sur son ennemi. Celui-ci l’évita à nouveau, et lança :
- Je crois que je viens de refroidir l’atmosphère ! Je suppose que même la plus drôle de mes boutades ne sauraient vous faire rire, donc vous m’excuserez si…
Un éclat de lumière verte, un bruit de verre brisé, et le Moker était parti, ayant commis son horrible forfait. Marsh le chercha des yeux, mais son regard ne tomba que sur le colosse pleurant sur la dépouille de celle qu’il n’avait pu aimer.
- Zhurc, je suis désolé.
- Désolé ? C’est toi qui l’as tuée. C’est toi !
Le géant bondit sur Marsh. Ils roulèrent au sol, le corsaire tentant de parer les coups de son ami, lorsque la main valide de celui-ci tomba sur un cimeterre orc. Il leva l’arme, et l’abattit en hurlant. Marsh crut son heure venue, mais trois griffes métalliques arrêtèrent le coup.
- Zhurc, je comprends ta colère, mais ce n’est pas la faute du capitaine.
- Traître !
Zhurc sauta sur le nain, mais celui-ci esquiva l’attaque. Il pointa ses griffes sur le colosse, l’air fatigué mais menaçant.
- Nous t’aiderons à attraper le fou maquillé, mais ne t’en prends pas à nous !
- Je pars…je m’en vais…pour toujours…
Le nain s’écarta, tandis que le corsaire soulevait avec douceur le corps de sa belle, une tache rougeâtre sur la poitrine. Il se releva, hésita un bref moment, puis sortit à d’un pas lourd, terrassé par le chagrin.

***

La nuit était calme, les rues désertes. Les derniers flâneurs déambulaient dans les rues, les derniers ivrognes brutalement expulsés des tavernes. La petite ville était plongée dans la tranquillité badine propre à la fin d’une période de troubles. Un cri rompit le silence monotone, suivi d’un grand brouhaha. Un homme massif courait, portant ce qui ressemblait à un cadavre sur ses épaules, et une étrange arme dans sa main droite. Le mendiant Fenryr vit que le fuyard semblait manchot, son bras gauche se terminant par un moignon entouré de bandages. Derrière lui se pressait, à quelques mètres de distance, le vendeur d’armes étrangères, Petitécur, accompagné de deux gardes. Lorsque l’homme tourna vers la droite, le marchand s’écria : « C’est un cul-de-sac ! Il est coincé ! »
Les gardes bloquèrent la rue, leurs hallebardes pointées vers le voleur. L’obscurité de l’impasse recouvrait d’un sombre voile l’inconnu, mais les deux hommes l’entendirent remuer, comme s’il posait un lourd fardeau sur le sol. Ils perçurent ensuite un bruit mécanique, puis un soufflement rauque interrompu par diverses gémissements plaintifs. Ils s’avancèrent d’un pas hésitant, emplis d’une frayeur renforcée par leur incapacité à voir leur adversaire.
- Ne…ne bougez plus !
- Si vous voulez…si vous faites du mal à…à la personne que vous portez, nous…nous devrons sévir !
- Ab…absolument !
- Lui faire du mal ?
Les deux gardes reculèrent, tétanisés. Il leur semblait avoir déjà entendu cette voix, mais elle était cette fois bien plus profonde, plus menaçante, mais aussi brisée, saturée par le chagrin. Le sergent prit la parole, plus tremblant que jamais :
- Zhurc ? C’est…c’est vous ? Vous devez remettre ce…ce que vous avez…v…volé…à l’armurier…
- Non… Je ne suis plus Zhurc…
- Venez avec nous…nous irons voir votre ami…le capitaine Mallow…
- Mallow… Le Moker… Vous m’avez entendu ? Je ne suis plus Zhurc…
- Allons…venez…Marsh Mallow vous aidera…
- NON ! Je ne suis plus Zhurc ! Je suis l’Estropié !
La dernière chose que le vieux Fenryr entendit cette nuit-là fut le cri déchirant des deux gardes, suivi de celui du bijoutier, qui lui souffla, agonisant dans ses bras tandis que son meurtrier s’éloignait à l’horizon, une jeune femme dans les bras :
- Il s’en est servi…

***
Marsh s’affala sur le lit a baldaquin, epuise. Il n’entendit Stormwen s’approcher que lorsque son souffle lui traversa delicatement le tympan.
- Ce n’est pas ta faute…
- Je sais… Mais je m’en veut. Zhurc n’aurait jamais du avoir a subir ca ! Si, finalement c’est de ma faute… Si je ne lui avais pas dit d’embrasser cette pauvre fille, elle ne serait pas…
Le mot ne sortit pas. Il revit le visage grimacant du Moker, son rire sadique resonnant dans sa tete endolorie. Il vit Stormwen se redresser, un air preoccupe sur le visage.
- Qu’y a-t-il ?
- Euh, j’ai quelque chose d’important a te…
La porte s’ouvrit a la volee. Marsh bondit du lit, le sabre au clair. Mais ce n’etait qu’un homme essouffle qui tenait un rouleau de parchemin a la main.
- Qui etes-vous ? On ne vous a pas appris a frapper avant d’entrer ?
- Desole, je n’ai pas le temps ! C’est pour vous !
Il posa le rouleau sur la table et sortit en courant.
- Curieux bonhomme… Je me demande ce que peut-etre ce courrier…
Il deroula le parchemin, et le lut avec attention. Son visage se tendait au fur et a mesure qu’il lisait. Finalement, il jeta la feuille a terre.
- On me demande de faire route vers Umbar en urgence ! Tous les chefs des villes de la cote sont convoques ! C’est bien le moment, tiens…
- Tu peux ne pas y aller, tu sais…
- Non, je suis curieux, et je ne veux pas une nouvelle revolte sur le dos sous pretexte que je n’ai pas obei a la « capitale »… Bon, que voulais-tu me dire ?
- Je ne sais pas si je dois… Je pense ne pas pouvoir aller la-bas.
- Pourquoi ? Tu es malade ? Assieds-toi…
- Ce serai plutot a toi de t’asseoir…
- A moi ? Mais je vais tres bien, moi ! Je ne me suis jamais senti aussi bien ! J’ai juste quelques problemes, mon garde du corps et ami a voulu me tuer, la ville est en cendres, je dois me rendre a l’autre bout de la baie, mais tout va bien…!
- Marsh, je suis enceinte.
- Tu es… tu es…
Et il s’evanouit.

 

Grob’ emoticone

 

Abrakhan, Communaute et Woses…

Je reviens vers vous, en ce moment decisif…
Donc tout d’abord, ma garde d’Abrakhan, posee sur un socle Gda, dans une rue de la ville (notez les dalles)
J’ai egalement ajoute quelques elements au socle, comme le sac d’ou depasse une tete,, trouve dans une boite a rabiot du GW anglais (Abrakhan est une cite marchande, donc aussi marchand d’esclaves…)
Image IPB

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Voila une photo de la Communaute :
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Et une photo de Gandalf ameliore :
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Et enfin mes woses (pas tout a fait finis…) :
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Qu’en pensez-vous ?
Grob’ emoticone

Ma Communaute…

Voila les figurines peintes par moi-meme de la boite « La dissolution de la Communaute »…
Les hobbits :
Ma Communaute... dans Figurines SdA p1340810

Les trois chasseurs :
p1340811 dans Figurines SdA

Boromir :
p1340812

Et le meilleur pour la fin, Gandalf en plein combat contre le Balrog… :
p1340813 p1340814 p1340815 p1340816 p1340817

Je pense que je vais lui rajouter un peu de jaune et orange sur la face…
Comment les trouvez-vous ?
Grob’ pirat

PS : Desole pour les photos un peu sombre… emoticone

2121…

J’ai passe le cap des 2000 visites, avec 2121 visites ! Tout de meme, j’aimerais savoir qui est le fou (fou mais gentil…) qui a visite 200 fois mon site le 1er novembre… sans laisser un seul commentaire !

Pourqqquuuoooiiii ????

Bon, en un mot finissant (« en un mot comme en cent », « finissant »… si vous n’avez pas compris, c’est pas grave, rendez-vous a la derniere ou avant-derniere page de la gazette, « Et pour nos amis les Trolls… »), je tiens a vous remercier de faire vivre ce blog (sans laisser beaucoup de marques derriere vous, excepte un numero a chaque visite, mais bon…), et donc voici en avant-premiere…. (roulement de tambour)… les deux premieres pages de mon article sur les corsaires d’Umbar, pour la future gazette du forum 20000 nains sous les elfes, Le Gobelin defonce (c’est un « e » accent aigu…) :

 http://www.servimg.com/image_preview.php?i=74&u=13598337

http://www.servimg.com/image_preview.php?i=75&u=13598337

Voila, et encore merci…

Grob’emoticone

PS: je n’ai pas pu resister a la tentation d’acheter la boite « La dissolution de la Communaute », et j’ai donc peint hier les Trois chasseurs ainsi que Merry et Pippin… Gandalf en cours…emoticone



Auteur: Grobelin

grobelin

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