Smog 1888 : Des verres et de la terre…

Suite du fluff commun du CdA !

Des verres et de la terre

Le lendemain du meurtre de Lord Blackwood, je fus réveillé par un Holmes en furie. Il me mit une gazette sous le nez, tout en tirant avec force sur sa pipe, d’où sortait une fumée noirâtre. L’article s’intitulait « L’assassin de l’East End suivi à la loupe ». Je parcourais rapidement les quelques lignes de la colonne, et ces mots retinrent mon attention : « Nous savons désormais de source sûre que le fameux détective privé Sherlock Holmes, renommé pour ses talents de déduction face aux crimes les plus mystérieux, est sur la piste du meurtrier. Il assistera ainsi les inspecteurs de Scotland Yard, qui n’ont jusqu’ici guère servi à élucider cette vague de violence. Nous lui souhaitons bien du courage, ainsi qu’à nos chers compatriotes de ce quartier ensanglanté. »
Je levais les yeux vers Holmes.
- Pourquoi donc êtes-vous d’humeur aussi massacrante ? Un peu de publicité ne peut vous faire de mal après tout !

Il eut un sourire narquois.
– Et pourquoi ne pas peindre une cible sur mon front, pendant que vous y êtes ? Watson, vous êtes toujours aussi bon-enfant.

Avant que j’ai eu le temps de répliquer, il me tira par la manche jusqu’à la fenêtre.
- Tenez, regardez cet homme, le soi-disant ouvrier.

L’homme en question, vêtu d’une chemise sale, d’un pantalon de cuir et d’une casquette, était occupé avec une foreuse dans une zone de travaux, juste en face de notre appartement. Son comportement me paraissait tout à fait normal, et je le fis remarquer à mon ami.
– Certes, le déguisement est parfait. Mais regardez la manière avec laquelle il se sert de son outil. Un véritable amateur ! Sans parler de ses coups d’œil fréquents vers notre porte. Et… oh !

Il se pencha en avant, plissant les yeux pour voir un détail qu’y m’était inconnu. Puis il susurra, comme s’il s’adressait à lui-même.
– Crowley…
– Vous dites ?
– Hum ? La bague, Watson ! Sur son index droit, cet ignare l’a oublié. Si vous y prêtez suffisamment attention, vous pouvez y voir le symbole du Culte. J’en déduis donc que ce cher Lord Crowley, que le Major n’a sûrement pas pensé bon de tenir au courant de ma participation à l’enquête, a décidé de se charger de ma surveillance lui-même.

Il s’écarta de la fenêtre et repris sa pipe.
– Je ne pense pas Crowley mon ennemi, pour le moment. Maintenant, imaginez que cet espion fut au service des coupables ? Mon avenir, et le vôtre, en seraient beaucoup plus incertains. D’où mon énervement suite à la lecture de cette colonne, car il n’y a pas meilleur moyen d’attirer l’attention sur soi.
Ses paroles étaient sensées, et les heures qui suivirent nous le démontrèrent. Je comptais trois espions différents tout au long de la journée. Holmes m’en montra un quatrième, que j’avais pris pour un honnête commerçant, mais qui selon mon ami n’était en réalité qu’un gitan. « Les ongles, regardez les ongles », m’avait-il dit.

***

Le soir venu, alors que je soupais tranquillement, la porte s’ouvrit et un vieil homme entra. Il lui manquait un œil, et ses cheveux grisonnants se collaient à son visage graisseux. Ses habits n’étaient que loques, et sa démarche boitillante lui donnait l’air d’un animal blessé. Je ne sus que lui dire, Holmes s’étant absenté pour « une commission de la plus haute importance ». Il rompit le silence gêné d’une voix rocailleuse.
- Monsieur Holmes n’est pas là ?
– Il est absent pour le moment, et ne m’a pas dit l’heure à laquelle il comptait rentrer. Peut-être avez-vous un message à lui faire parvenir ?

Le vieillard se redressa et sortit un revolver de sous son manteau déchiré.
– Le voilà votre message !

Je me jetais de côté, alors même que la balle sifflait à mes oreilles pour venir se loger dans le mur derrière moi. Je tombais nez-à-nez avec le tisonnier, et m’en saisis tout en me relevant d’un même élan. Je m’apprêtais à écraser mon arme sur la main du vieillard lorsqu’un rire derrière moi me fit stopper dans mon essor. L’homme n’était plus là, mais dans mon dos se trouvait Sherlock Holmes, une perruque à la main, engoncé dans le vieux manteau rapiécé.
- Watson, votre expression féroce ferait perdre son monocle à Dreadful s’il vous voyait !

Je m’aperçus que je tenais encore le tisonnier dans mon poing fermé, et le reposais à sa place.
- Tout de même Holmes, votre petite plaisanterie aurait pu se transformer en tragédie !
– Pardonnez-moi, mais l’après-midi fut éprouvant, et je n’ai pu m’empêcher de me divertir à vos dépens.
- Qu’avez-vous donc fait qui vous ait rendu si taquin ?

Il se débarrassa de son déguisement miteux, sortit sa pipe et s’assit en tirant quelques bouffées.
– Vous m’avez dit l’autre jour vous souvenir de l’aventure de l’homme-loup. Voyez-vous, certains éléments de l’affaire en cours font écho à cet épisode. Prenons-les points par points.

Il posa sa pipe pour s’avancer sur son siège, ses longs doigts fins se croisant dans une toile inexpugnable.
- D’abord, les quelques traces de verdure retrouvées sur les lieux des meurtres liés au Culte. Vous n’êtes pas sans savoir que les gitans de la Roue sont les plus mortels ennemis de cette dernière organisation. Ils considèrent la nécromancie comme une insulte à la nature, et la nature est leur bienfaitrice. Or, souvenez-vous que la végétation est très souvent liée aux crimes commis par cette confrérie de romanichels. Prenez la mort de Lord Carter par exemple. La branche et les brins d’herbe sont donc les premiers indices qui m’ont mis sur la voie.
- Je n’ai pourtant pas vu d’autres indices.
– En vérité, il n’y a pas d’autres indices. Le reste de mes théories se base sur les similitudes avec de précédentes affaires. La copie d’un autre crime avait déjà été employée par les membres de la Roue il y a deux ans, tandis que la décapitation reste l’une de leurs méthodes favorites, avec l’étranglement et l’écrabouillement brutal.
- N’est-ce pas un peu léger comme soupçon ?

Holmes se mit à rire.
– Je vois que vous retenez quelque chose de nos précédentes aventures ! Effectivement, d’ordinaire, je ne me contenterais pas d’un aussi maigre butin. Néanmoins, la situation est telle qu’il me fallait des résultats, et rapidement. Et cet après-midi, j’en ai obtenu ! Ce ne fut pas chose aisée, je vous l’assure, mais vous me savez relativement bon comédien, et ces talents m’ont bien servi cette fois-ci. Commençons par le début : le pub du Clumsy Hearties.
- Un pub ? Je pensais que vous étiez allé à Park Lane pour suivre la piste de vos vieux ennemis ?
– Non, je réserve Park Lane pour ce soir, si vous acceptez toujours de m’accompagner.

J’acquiesçais d’un air avide.
– Sacré Watson, toujours à l’affut de la moindre parcelle d’action ! Donc, ce pub. Pas n’importe quel pub ! Un véritable repaire de brigands, de trafiquants et d’entremetteurs plus ou moins discrets : l’endroit rêvé pour une enquête. J’avais déjà eu l’occasion d’y mettre les pieds il y a quelques années, mais avait été jeté dehors après une altercation avec un nain boiteux que j’accusais d’homicide sur un jeune dandy. Sachez tout de même que la justice et moi-même eurent raison de ce triste personnage, qui se trouve aujourd’hui en cellule. Je ne pouvais pourtant pas revenir dans le pub habillé normalement, le patron, gaillard carré d’épaules plutôt coriace, ayant une assez bonne mémoire concernant les incidents. J’achetais donc les vieilles fripes que vous voyez là, me maquillais grossièrement, et entrais dans le pub. La fumée était suffocante, toutes les odeurs de tabac terrestres dans une même pièce, et j’eus une pensée pour vous et votre manie de froncer le nez quand je sors ma pipe. Je passais devant un vieux pirate duquel émanait une odeur de rhum et de calamar frais, contournait un chinois armé d’un calumet d’où sortait de la vapeur violette, et me dirigeais vers le comptoir. Le patron était toujours là, ses cheveux plus striés de gris qu’auparavant, toujours aussi charmant avec son incisive en or et ses tatouages sur le cou. Je lui commandais un verre de whisky, qu’il me jeta à la figure plus qu’il ne me le tendit, et le payais, avant de partir en direction d’une des tables dans un coin de la salle. Un jeune coquin y était déjà attablé, taillant un animal dans un vieux morceau de bois à l’aide d’un petit coutelas luisant. Il me regarda avec circonspection, puis se remit à son œuvre. Vous vous demandez sûrement pourquoi je me suis automatiquement dirigé vers ce jeune homme. Trois choses : boucle d’oreille, teint mat et couteau de lancer déguisé en un inoffensif canif. Ma conclusion rapide : membre de la Roue, ou du moins affilié de près ou de loin à cette organisation. Son jeune âge en faisait une cible de choix, car il se montrerait sûrement impétueux et donc plus facile à piéger. Je pris une gorgée de whisky, qui était l’un des plus durs à avaler que j’ai jamais goûté, puis après avoir contenu ma grimace de dégoût, j’entamais la conversation avec mon camarade de tablée.
« – C’est ben beau c’que tu fais avec ce couteau ! »
Il leva les yeux, l’air méfiant, et se remit à son travail. Il en fallait plus pour me décourager.
« – Dis mon gars, tu sais y faire avec l’art, tu pourrais y devenir artisan ! »
Il s’interrompit à nouveau, mais l’éclat de ses yeux était différent, plus intéressé que menaçant.
« – Et qu’y connaissez-vous à l’art, grand-père ?
– Grand-père ? Allons bon gamin, le temps n’est pt’être pas mon meilleur ami, mais j’dois pas être plus vieux qu’ton paternel ! Quant à l’art, j’m’y connais bien, pardi ! J’étais menuisier dans l’temps, et je peux t’dire qu’on s’arrachait mes œuvres… »
Je continuais sur le thème de la menuiserie, et l’intéressais de plus en plus. Je lui demandais ce qu’il faisait dans la vie, ce à quoi il me répondit qu’il n’avait pas de métier en particulier. Je commandais à boire au fur et à mesure de la conversation, le soûlant progressivement. Nous parlions de choses diverses et variées, jusqu’à ce que j’aborde le sujet qui nous préoccupe, que j’avais savamment installé en parlant des relations féminines :
« – J’te l’dis, dans cette allée, y a d’vraies beautés ! Y en avait une rousse, Ross qu’elle s’appelait, une vraie joie d’vivre… Dommage qu’elle soit morte.
– Comment est-elle morte ?
– T’es pas au courant ? Y a des filles qui meurent tous les jours en ce moment !
– Ah oui, cette histoire de meurtres en série…
– Ca fait peur hein ? Y a un client qui disait qu’c’était la faute du Yard. Moi j’pense que c’est ces saletés de zombies, c’est pas humain ces choses-là…
– Vous croyez ?
– Sûr que j’y crois ! T’as pas vu la tête de leur chef ? On dirait un de ces cadavres d’Afrique, à faire peur ! Y paraît qu’les gitans peuvent pas les supporter, j’les comprends… Apparemment, y aurais des pertes du côté de ces sorciers de la mort. A ton avis, c’est les gitans ?
– Peut-être, mais ils m’ont l’air plutôt pacifistes.
– Pacifistes ? Y a plus personne de pacifique aujourd’hui, ça c’est pour les gosses et les bonnes femmes… Non, je pense qu’ils y sont pour quelque chose dans ces meurtres contre les sorciers, mais si tu veux mon avis, y ont bien fait ! Leurs zombies, c’est pas naturel ces choses-là.
- Bien d’accord avec vous ! Et quand vous dites que les nécromanciens sont responsables des meurtres des jeunes filles, vous n’avez pas tort ! »
Je l’observais fixement. Il se déroba à mon regard, conscient qu’il en avait trop dit. Watson, si vous m’aviez vu à cet instant, j’étais prêt à abandonner mes fumeries pour peu qu’il continue. Malheureusement pour vous, vous n’étiez pas là, je vais donc reprendre un peu de cet exquis tabac des Andes. Voilà… Lorsqu’il vit que je le scrutais intensément, il se mit à bafouiller. Je reprenais la situation en main :
« – Allons gamin, t’en as trop dit, t’as vu un crime ?
– Un crime ? Non, pas à ce point… mais j’ai peut-être vu le meurtrier.
– Et bien, raconte !
– J’étais dans une ruelle, je sortais de chez la mère Betty, et je rentrais à Park Lane. »
A cette mention, Watson, j’eus un véritable frisson. J’avais été bien inspiré de m’asseoir à cette table !
« – J’entendis les cloches sonner, je crois qu’il était deux ou trois heures. J’avais dû marcher dix minutes, lorsque j’entendis un cri dans une rue parallèle. Je m’approchais aussi silencieusement que possible, et arrivais à l’intersection. Je me collais contre le mur, glissant un œil de l’autre côté de la rue. Il n’y avait pas de lumière extérieure, mais les reflets de la lune suffisaient pour éclairer la scène. Ce que je vis me glaça d’effroi. Une forme gigantesque s’activait au-dessus d’un cadavre sanguinolent. Je ne sais si la terreur que j’éprouvais y est pour quelque chose, mais je ne vis à ce moment que les lames qui découpaient la jeune femme en morceaux. Il y eut une sorte de cliquetis, et la forme disparut. Je n’osais pas bouger. Je fis bien, car quelqu’un d’autre entra en scène. Un homme sortit de l’ombre, un grand sac à la main. Son visage était caché par un masque-à-gaz, surmonté d’un haut-de-forme. Il s’approcha de la victime et se baissa à son niveau. Je le vis se redresser, et j’eus un haut-le-cœur. L’homme tenait une tête de femme dans sa main gauche, qu’il enfouit dans son sac. Il se mit ensuite à manipuler les membres du cadavre, les mettant dans une position déterminée. Je pouvais l’entendre prononcer des mots, dans une langue que je ne connaissais pas. Lorsqu’il eut fini, il se saisit de son grand sac, et repartit comme il était venu, tel un corbeau se fondant dans l’obscurité. Cinq minutes plus tard, je pris mon courage à deux mains et m’avançait vers la victime. Le spectacle était écœurant. Je me dépêchais de décamper, si quelqu’un me voyait dans les environs, j’étais bon pour la potence. Lorsque j’arrivais à Park Lane, je décris la scène à l’ancienne, qui se mit à siffler : « Crow… » Je ne sais pas ce que voulait dire Nibaba, mais c’est certain que…
– Nibaba ? »
J’aurais dû le laisser continuer, mais l’interruption vint naturellement à l’écoute de ce mot. Nibaba, Watson ! La dirigeante de la Roue en personne ! Lorsque je l’interrompis, il me regarda suspicieusement. Je tâchais de me reprendre, mais l’illusion avait été rompue.
« – Nibaba, quel drôle de nom !
– J’en ai trop dit. Je ne sais même pas qui vous êtes ! »
Il se leva, mais au moment de s’en aller, il me jeta un dernier regard.
« – Je vous ai à l’œil grand-père, si c’est vraiment ce que vous êtes. »
Puis il partit, me laissant seul, moi et mes verres sur la table. J’aurais pu en savoir plus, mais ce que j’avais appris valait amplement le déplacement !
– Mais Holmes, vous auriez pu le suivre !

Mon ami se mit à rire.
– Pour qu’il m’amène à Park Lane ? Nous y serons cette nuit, pas d’inquiétudes ! Et la vieille Nibaba doit s’attendre à ma visite, notre escapade nocturne sera donc soumise à quelques embûches. Non, sitôt mon interlocuteur disparut, j’ai bondis dans un cab pour Scotland Yard, espérant y rencontrer Dreadful. Je ne vous dis pas le mal que j’ai eu à arriver jusqu’à son bureau, ainsi affublé ! Mais je ne voulais pas que quiconque puisse me reconnaître. Heureusement pour moi, Dreadful était là, et je le mis au courant de mes découvertes.
– Il va donc prendre des mesures contre la Roue ?
– Non, je ne l’ai pas mis au courant de ces détails. Pour le moment, je lui ai demandé de faire suivre l’un des proches serviteurs de Lord Crowley, un dénommé Jeremiah Crow. SI le gitan a dit vrai, ce dernier est lié de près ou de loin aux meurtres des prostitués, car je ne connais qu’une seule personne capable de se diriger dans tout Londres de nuit habillé d’un masque-à-gaz et d’un haut-de-forme, et cette personne est Crow. Il a été fossoyeur dans le temps, jusqu’à ce que Crowley le prenne à son service. Les cadavres n’ont aucun secret pour lui, et je suis curieux de savoir ce qu’il fait des têtes qu’il emporte avec soin, et à quoi servent ces incantations mystérieuses qu’il prononce avec tant de méticulosité.
- Pourquoi ne pas l’avoir fait arrêter directement ?
– Sur quel motif ? Parce qu’un gitan désormais disparu déclare l’avoir vu emporter une tête ? Non, il est bien plus intéressant de pister ses moindres faits et gestes. Qui sait, Lord Crowley est sans aucun doute plus impliqué dans cette affaire que simplement suite à la mort de son frère, et espionner son serviteur est un très bon moyen de découvrir une faille dans sa défense. Maintenant, si vous m’excuserez, il faut que je retourne au Club, il paraîtrait que ce bon Cornélius a un message d’importance à nous faire parvenir. Je vous laisse vous préparer pour notre sortie de la nuit, je n’en aurais sûrement pas pour longtemps.

Je venais de glisser mon revolver dans ma poche lorsque la porte s’ouvrit à nouveau, laissant Holmes s’introduire par l’entrebâillement, l’air las.
– Que se passe-t-il ?
– Mauvaise nouvelle. Notre vieil ami commun, le professeur Sawbone, est mort.
– Mort ? Comment ?
– Assassiné.

Je repensai à l’accueil glacial que m’avais réservé l’expert en magie tribale. Et aux mots de Holmes à son sujet, le qualifiant d’individu coriace, dangereux et instable. Qui donc pouvait parvenir à éliminer ce genre d’homme ?
Quelque fut la réponse, je savais que nous allions nous aventurer sur des sentiers sombres et périlleux.
Et voir le rictus sauvage sur le visage de mon ami ne me rassurait guère.

Suite dans la semaine, normalement…
Grob’ ;)

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Auteur: Grobelin

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